événements du passé dans ma région

En route pour la 2éme République (suite consulat)

                    

                Avant de commencer ce billet, qui une fois de plus vous parlera du passé de notre commune,  je vais relater ici un événement récent  à HEUQUEVILLE, l'arrivée d'un cirque familiale venu  troubler la tranquillité apparente de ce village. Rien de grandiose:  -  une jolie caravane décorée de joyeux clowns, très colorée, , attire l'oeil du chaland, les clowns font toujours de l'effet... Quelques animaux aussi, dont un joli cheval à la crinière conquérante, très sociable par surcroît  , également les incontournables lamas, chameaux, plutôt exotiques dans le paysage et surtout  heureux de la richesse du menu: une belle herbe fraîche, tendre et drue à souhait, de quoi regonfler les bosses.

                 Toute cette installation demande bien du travail, mais apparemment cela se fait dans la bonne humeur; une ombre au tableau toutefois, comme il y a plusieurs années pour un autre petit cirque le branchement électrique n'a pas été autorisé,  ils avaient bien un groupe pour le spectacle, mais pas pour leurs petites habitations,  alors cette fois encore les propriétaires sont venus taper à notre porte "un peu d'électricité ma bonne dame, nous vous la paierons" , alors cette fois encore,  nous avons dit oui, cela pour moi s'appelle le partage, et vous savez quoi: à la fin de leur séjour ces personnes ont insisté pour effectivement nous payer, et vous savez quoi,  nous avions  déjà été payés en voyant un peu de lumière dans les petites habitations......                      

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                        Mais retournons vers le passé.....

 

                Suite 1832 Les mares d'HEUQUEVILLE

                Voilà que les mares font "surface" à nouveau,  déjà en 1790 un litige avait opposé Monsieur le Comte de Roncherolles aux habitants de la commune; ce litige concernait la propriété de la dite mare de Mainville,  (Voir billet Changement de régime), cette mare où ni les oies, ni les canards, et plus drôle les poissons, n'avaient le droit de cité. Quanrante ans après on reparlera de cette mare, mais pour le moment il est question de la mare DELAMOTTE,  mare  qui se trouvait être dans l'héritage du Sieur DELAMOTTE, Membre du conseil par ailleurs. Le Sous Préfet s'est vu dans l'obligation de demander au Conseil Municipal par lettre des renseignements sur cette mare qui semblait être bien mal traitée par son propriétaire.

              Dans sa délibération le Conseil observe à Monsieur le Sous Préfet que cette mare est donc située dans l'héritage précité, et fait partie de la propriété, et que jusqu'à ce jour les habitants de la commune y  ont toujours puisé de l'eau pour leur usage depuis des temps immémoriaux. Peu engageante cette mare à en juger par les  indications fournies dans la délibération:

             "C'était un trou profond en forme de terrine, large d'environ 7 mètres dans le haut, environ 3 à 4 métres de profondeur, ayant environ 2 m de large"

              -Malheureusement cette mare ne pouvait plus recevoir d'eau à cause de la terre qu'on avait jetée dedans pour donner à la route départementale la largeur figurée sur le plan annexé au courrier ( ce plan a disparu) et à cause de l'éboulement qui s'en est suivi. Depuis ce jour Monsieur DELAMOTTE a totalement comblé de terre ce "trou" de manière que les habitants voisins se trouvent privés d'eau, ce qui leur porte un grand préjudice-   Je n'ai  pu trouver d'autres précisions que "au nord de la route départementale des ANDELYS à ROUEN" sur l'emplacement de ce trou.

               Monsieur DELAMOTTE sur la demande du Conseil Municipal promet de leur rendre ce droit avant le premier janvier, et s'engage à faire prés des maisons une mare de 7 m de largeur dans le haut, 3 métres de profondeur, 2 métres de largeur: mare dans laquelle les habitants auront toujours dans toutes les saisons et à toutes les heures le droit de puiser de l'eau, sans que les bestiaux puissent y accéder. Signé DELAMOTTE.  Le Conseil Municipal prend acte et accepte ce qui précéde. Le Sous préfet fera un courrier dans le même sens, et donnera au Sieur DELAMOTTE les directives nécessaires.

              Je ne sais pas si le Sieur DELAMOTTE a tenu ses engagements....

              Toujours 1832, continuons le feuilleton des mares, cette fois la mare de MAINVILLE (le hameau de Mainville se trouvait être en face, de l'autre coté de la Grand Rue) En octobre 1832 le Maire s'est vu dans l'obligation de convoquer son Conseil pour délibérer sur un problème crucial pour les habitants, à savoir: le mauvais état dans lequel se trouve la mare  communale  nommée MAINVILLE.

              Résumé de la délibération:

              " Considérant que cette mare située dans l'intérieur des habitations est pleine de tourbe, , que depuis  deux ans les habitants sont privés d'eau , qu'il a été jusqu'à ce jour impossible de retirer cette tourbe à cause d'environ 3 pouces d'eau sur toute son étendue, le Conseil Municipal admet que la commune ne peut se dispenser de faire la dépense de donner à la mare municipale plus de profondeur, et de ce fait plus d'eau aux habitants et ainsi éviter les mauvaises exhalations qu'elle produit et qui sont la cause "d'exhalations mordfiques" (dans le texte), contagieuses causant des fièvres putrides aux habitants voisins de cette mare, le Conseil arrête:

              1°) De donner cette année plus de profondeur à la mare vers le midi, et en 1833 pareil travail sera fait au nord.

               2)° Pour parvenir à retirer l'eau et la tourbe il sera fait une chaussée de cailloux de 36m de long dans la traverse de la dite mare à partir de la grand route, vis à vis de la maison Cantelou à celle vis à vis Acard. Il faudra prévoir 36m3 de cailloux extraits par les soins du terrassier Michel HAIET dans la friche St Laurent, etc, pour la somme de 38f 80 . La somme sera prélevée sur les 117f 32 montant de l'adjudication des fruits communaux ( adjd. faite par le maire).

               3°) Un rôle de répartition entre les habitants du chef lieu HEUQUEVILLE  et du BUC sera établi pour enlever l'eau et la tourbe, et pour le transport des cailloux, etc, etc.

               4°) Le Sieur HAIET doit fournir un devis pour donner plus de profondeur à la portion de la mare vers le midi, devis soumis au Conseil Municipal.

                5)° Une somme de 20 francs  est accordée pour creuser une Mare destinée à donner de l'eau propre aux habitants du LONDE, laquelle somme sera perçue sur les dépenses imprévues de 1833; pluys tard il sera e nouveau question de cette mare.

                 Monsieur LEGENDRE Père et DELAMOTTE Père sont nommés commissaires pour surveiller les travaux à la mare de MAINVILLE, et Messieurs DUVAL et DESPORTES pour surveiller ceux à faire à la mare du LONDE.

                 Délibération soumise à l'approbation de Monsieur le Sous Préfet.

                    Une précision sur la mare du LONDE, une habitante de la commune m'en avait signalé l'existence sans que l'on puisse affirmer ce fait,  nous avons la preuve ici que cette mare existait bien au 19éme siècle..

                  ETAT CIVIL: Naissances 13 - Mariages 2 - Décès 21 - 

                  1833 - Début mars: la vie de la commune se déroule sans événements majeurs, peu à peu des décisions sont prises pour faciliter le quotidien des habitants, ainsi la distribution du courrier. Pour cela, une fois de plus le Conseil Municipal s'est réuni sur l'injonction du Préfet. Ce fonctionnaire avait fait parvenir le 5 février au Maire une circulaire relative à la distribution des lettres, voici résumée la décision du Conseil:

                   - Considérant que la commune est dépourvue d'établissement de boite aux lettres (ou Poste) il devient indispensable et de première nécessité sous le rapport de l'administration et du commerce et d'autres affaires importantes, que les lettres et circulaires de Monsieur le Préfet soient distribuées journellement.

                   Le Conseil Municipal après délibération émet le voeu que les lettres et correspondances soient distribuées tous les jours.

                   Signé le Maire, Mr LEGENDRE ainsi que par le Conseil.

                    Une décision qui de nos jours a toujours sont importance.

                     Au risque et j'en conviens d'être répétitive, j'insiste à nouveau sur le traitement du Garde champêtre qui cette année  là nécessitera une imposition extraordinaire pour le traitement de 250 fr alloué, mais cette fois une charge supplémentaire pour cet employé de la commune: Il devra remplir les ornières de cailloux pour faciliter l'écoulement des eaux de pluie, et ce afin que les chemins soient praticables en tout temps - une réflexion personnelle,  aujourd'hui 

 certains orages rendent toujours nos chemins bien récalcitrants à la circulation!

                     Une autre mesure administrative qui elle aussi revêt une certaine importance: l'implantation du Bureau du Percepteur, Monsieur BEAUDOUIN, ce sera au petit Andely, plus facilement accessible pour les habitants d'HEUQUEVILLE à cette époque, voici le texte de la délibération: "  Pour faciliter la vie des habitants d'HEUQUEVILLE, le Percepeur devra se rendre une fois par mois dans notre commune, un dimanche, date décidée par le Percepteur, et ce afin que les contribuables soient à portée de s'acquiter des contributions imposées sur eux".

                     Une derniére chose, mais qui cette fois engagera la commune dans une gestion financiére trés lourde et pour longtemps;l'alerte a été donnée par le Conseil de Fabrique,  par délibération en décembre 1833, il informera la commune de la nécessité de faire des travaux urgents et de premiére nécessité à l'église et à la maison du presbytère pour la somme de 4725 Fr15, suivant les devis des Sieurs BAILLACHE et LE ROI, respectivement maçon et menuisier aux ANDELYS. D'aprés ce conseil la fabrique ne dispose d'aucune somme et adresse le devis et son budget à Monsieur le Maire afin "d'aviser aux moyens de satisfaire au paiement des réparations à faire tant à l'église qu'au presbytére" .Il y aura bien sur une suite à cela.

                      ETAT CIVIL: Naissance 9- Mariage 3- Décès 11

                      1834 - En ce tout début d'année, et faisant suite au courrier de décembre 1833. le Sous Préfet informe le maire qu'il peut disposer pour les travaux de la somme de 109 fr, ainsi que des 90 fr de la vente des fruits communaux..... Toutefois il admet que la somme sera insuffisante pour faire les travaux et conseille au Maire d'avoir recours à une imposition extraordinaire (encore une!!) et qu'en même temps il pourrait solliciter un secours auprès de Monsieur le Ministre de l'instruction publique et des cultes pour aider à l'exécution .   des dits travaux . Il précise que le secours peut atteindre, dans certains cas le quart ou au cinquième du montant des travaux ; il retourne donc les documents qui lui avaient été communiqués. Peut être verrai-je la suite en consultant plus avant les registres.

                       Au début de 1834 la commune est privée d'instituteur, mais en octobre de la même année Monsieur PICHARD est présenté comme candidat au poste d'instituteur. Il sera nommé à se poste le 13 novembre.Il est  âgé de 18 ans.

                       Il y a souvent des empoignades pour figurer sur la liste des électeurs de la commune; voyez plutôt: une réclamation pour figurer sur cette liste est faite par un certain Michel HAIET ( le terrassier de 1832?) - ce dernier demande que soit compté dans ses contributions le revenu de plusieurs pièces de terre, ce qui ferait augmenter le montant de son imposition et ainsi lui permettre de figurer sur la dite liste . Il n'obtiendra pas gain de cause, considérant que sa contribution est inférieure à celle de Monsieur CANTELOU... sur le même sujet nouveau litige, cette fois c'est entre Messieurs SAMSON et CANTELOU. Monsieur SAMSON, (Charron à HEUQUEVILLE) considère qu'il est plus imposé que Monsieur CANTELOU et qu'a ce titre il doit figurer avant lui sur la liste des électeurs. Le Conseil délibérera sur le sujet et donnera raison à Monsieur SAMSON, Monsieur CANTELOU perdra sa place! Aujourd'hui je ne pense pas que l'on se battrait pour payer plus d'impôts, mais il faut se rappeler qu'à cette époque les plus imposés avaient voix prépondérante dans les décisions communales.         

                       Pour rire un peu, en juillet de nouveau la mare de MAINVILLE, mais cette fois ce sont ses "hotes"  qui font parler d'eux:

                        - Attendu les plaintes de plusieurs personnes,            

                           - Que la dite mare est troublée par les canards qui nagent journellement dessus,  qu'ils n'ont pas d'autres mares                             pour abreuver leurs bestiaux et les besoins de leurs maisons, considérant que les propriétaires des dits canards                               n'ont jusqu'à ce jour fait aucun cas des défenses faites par le Garde Champêtre cet état de chose ne peut être                             toléré plus longtemps sans porter préjudice aux habitants, vu l'article de loi du 6 octobre sur la police rurale,

                                                Arrêtons: Si les propriétaires s'obstinent il y aura procès verbal, s'ils s'obstinent toujours le                             Garde Champêtre sera autorisé à les tirer, mais uniquement sur la mare.. 

                            Heureuse époque, aujourd'hui nos préoccupations sont d'une autre nature, hélas.mais vous le voyez j'essaie de vous relater les petits et les grands faits qui préoccupaient nos élus, et par voix de conséquence les habitants de la commune.

                            Toujours 1834, mais cette fois nous nous acheminons vers des décisions assez importantes pour les finances de notre commune et celles de ses habitants. En effet le Maire et son conseil sont invités à délibérer sur la loi du 28juin, et l'ordonnance royale de 1833 relative à l'instruction primaire, et à propos de la circulaire de 1832, à savoir:

                             1°) la commune peut elle entretenir seule une école, ou doit elle se réunir à une autre commune, si oui laquelle?

                             2°) Y a t'il une maison d'école dans la commune avec ou pas de logement pour l'instituteur; sinon quelle indemnité                              lui sera accordée; possède t'elle une  propriété communale, et peut elle aliéner ce bien, ou de la portion                                      nécessaire pour se procurer une maison convenable à la tenue de l'école.

                             3°) quel traitement conviendrait'il de verser à l'instituteur?

                             4°) la commune possède t'elle des donations en faveur d'une école, en quoi consiste ces donations. 

                             5°)la commune possède t'elle des revenus ordinaires suffisants à l'entretien de son école? dans la négative est                                elle autorisée à s'imposer jusqu'à concurrence de 3 centimes extraordinaires .

                              6°)quelle est la rétribution mensuelle que devra payer chaque enfant?

                              Voilà les réponses après délibération du conseil: première question:  NON.   Deuxième question:   n'ayant pas de maison d'école ni d'autres maisons,  elle devra s'endetter pour ce faire à concurrence de 60 fr/an, et en outre elle ne possède pas de propriété communale susceptible d être affermée.Troisième question:   après délibération le conseil accorde une somme de 200 fr.pour le traitement de l'instituteur.   Quatrième question:  La commune ne possède aucun legs ou donation en faveur d'une école. Cinquième question:  la commune ne possède aucun revenu pour l'entretien d'une école, et par délibération il a été voté une imposition extraordinaire de 3 centimes.  Enfin pour la 6 éme, les sommes payées par les enfants seront légérement augmentées.

                              Durant cette même année le Conseil décide de revoir les sommes payées par les enfants pour être instruits. Le taux fixé à HEUQUEVILLE est en effet différent de ceux des autres communes et provoquent des différents. Un détail: on ne payait pas la même somme selon que l'on apprenait à écrire à lire, ou la géographie et l'arithmétique... L'instituteur  Mr PICHARD, nommé le 5/11 avait 18 ans.

                              Pour rappel cette année là: une nouvelle prestation de serment du Maire et de son adjoint, Monsieur LEGENDRE père et fils. Les nominations se faisaient tous les deux ans par le Préfet, ainsi le pouvoir restait toujours du même côté, nommés certes mais pas élus..

                            ETAT CIVIL: Naissance 11 - Mariage 2 - Décès 8.

                            1835 - Le produit de la vente des fruits communaux des années 1835 et 1836 se montait à 97 Fr55; Il est décidé que la somme sera répartie de la manière suivante: Pour l'entretien des fusils de la Garde Nationale: 6 fr - Pour les prix donnés aux enfants 5 fr - Pour la boite à affiches 2 fr 80 - Dépenses de la Garde Nationale à la fête du Roy 8 fr 20 - indemnité de logement de l'instituteur 50 fr - COMBLEMENT des marnières à la friche du Londe 46 Fr 06.  J'espère que le Conseil était meilleur en administrateur qu'en calcul... Ce qui pourrait être un peu plus inquiétant c'est que considérant les moyens de l'époque on est en droit de se demander où en sont ces marnières sur le point de la sécurité.

                            DROIT D' AFFICHAGE: Le Maire se trouve dans l'obligation une fois de plus de rappeler la loi relative au lieu d'affichage des lois et des actes de l'autorité publique. (loi du 22 mai 1791)

                             - Aucun citoyen ne pourra afficher ailleurs que sur la porte de l'église, sous peine d'amende-   Désirant mettre fin aux abus constatés Monsieur LEGENDRE arrête ce qui suit: Le portail de l'église est désigné comme seul lieu pour recevoir exclusivement les affiches des lois et des actes de l'autorité publique. Cet arrêté sera soumis à l'approbation de Monsieur le Sous Préfet. Le Maire avait à plusieurs reprises rappelé  ce règlement, notamment en 1828, et une amende de 100 fr était dressée aux contrevenants. Un avis personnel dommage que ce règlement ne soit plus appliqué cela éviterait à nos murs d'être souilltexte figure sur la clocheés à chaque élection, simplement pour grappiller des voix ici où là;

                            La même année des travaux seront nécessaires à la cloche de l'église. Inscription sur la cloche. 

 

           Texte cloche

                             

                             En  Juillet 1835 le Conseil est amené à délibérer sur l'entretien d'une école à HEUQUEVILLE pour l'année 1836. Monsieur LEGENDRE présente des propositions: 

                             A la question: la commune peut elle entretenir une école, la réponse sera OUI, doit elle se réunir à une autre commune NON. Le traitement de l'instituteur sera de 200 fr, plus 110 fr pour le logement - frais de bureau et imprimés  - différents frais dont une somme pour permettre à l'instituteur de suivre l'école normale  12 fr.

                              Le Conseil en avoir délibéré décide qu'il sera prélevé sur les revenus ordinaires du budget la somme de 122 fr 70.Il sera également décidé une imposition qui ne pourra excéder 3 centimes des contributions fonciéres et mobiliéres de 139 fr, soit une dépenses totale de 262 fr 44. Le Conseil délibère sur le montant à payer par les enfants, puis sur la nécessité de doter la commune d'une maison d'école, décision très importante pour une si petite commune.

                              - 1836 Le conseil municipal est convoqué en exécution de la lettre de Monsieur le Sous Préfet au motif de l'opportunité de la réunion de la commune d'HOUVILLE à celle d' HEUQUEVILLE; Le conseil considère que notre commune (340 habitants) est divisée en 5 sections,  un chef lieu HEUQUEVILLE et les hameaux assez éloignés les uns des autres, que ce fait rend son administration et la police difficile à faire. La réunion éventuelle des communes rendrait les choses encore plus compliquées, et le Conseil pense en outre que cette décision ne pourrait produire que des révoltés et des jalousies entre les habitants des deux communes, il est donc d'avis de laisser les choses en l'état, affaire à suivre - en 2016 la réunion des communes semble toujours aussi difficile à en juger par la nôtre. -

                              ETAT CIVIL: Naissances 5 - Mariages 6 - Décès 7.

                              - 1837 - Tracé de la route départementale n° 6, des ANDELYS à ROUEN. Le tracé de cette route nécessitera plusieurs délibérations; la largeur en avait été définie par l'ingénieur chargé du dossier: pas plus de 8 mètres. Cette largeur permettait le passage de trois voitures. Il s'est avéré que cette largeur ferait que la route passerait dans les héritages clos de murs sur lesquels sont édifiées des habitations, d'où un préjudice notable pour les propriétaires. Le Conseil est d'avis que le long de ces héritages la route reste dans la largeur où elle se trouve d'autant que déjà plusieurs voitures peuvent y passer à coté l'une de l'autre. ( voitures attelées je présume.   Signé le Maire et son Conseil

                               Les prestations de serment se feront cette année là individuellement et les membres du conseils y seront associés.  En ce qui concerne le glanage, soumis à autorisation, elle sera accordée à 48 personnes. Ce fait me fait souvenir que dans mon enfance j'allais glaner à la fin des moissons une gerbe de blé pour ma Maman,  cela portait bonheur et assurait l'argent pour l'année dans la maison, heureux temps....

                               Le traitement du Garde Champêtre pose toujours autant de problèmes, et Messieurs LEMAISTRE, HUBERT Julien, Auguste JUGENOT ( personnes parmi les plus imposées de la commune) ont refusé de signer la délibération concernant le traitement de ce garde champêtre, au motif que la somme ne leur  -se- Mariagemblait pas  nnnnnnsuffisante.... Comme vous le constatez Sieur HUBERT habitait toujours dans la commune et sa position sociale lui donnait le droit de faire part de son avis.... En 1837 les chemins de la commune sont toujours en très mauvais état, une journée de travail sera due au titre des prestations en nature pour leur entretien.

                               ETAT CIVIL Naissances 12 - Mariage 0 - Décès 7.

                                1838 - Toujours l'entretien des chemins, cette fois  2 journées de travail seront dues.......Monsieur MASSET  l'instituteur de la commune donnera sa démission qui sera acceptée;

                                ETAT CIVIL Naissances 9 -Mariages 0 - Décès 7.

                                1839 - Monsieur le Maire expose la nécessité de pourvoir à la réparation des chemins vicinaux ordinaires, toujours en mauvais état, pour l'année 1840: soit en affectant une somme suffisante sur les ressources ordinaires de la commune, soit en faisant usage encore une fois de la prestation en nature et de l'imposition des centimes additionnels dans les limites fixées par l'article 2 de la loi du 21/05/1836. Le conseil après avoir pris connaissance du budget de 1840 et des instruction décide:

                                 - Considérant que les chemins ont besoin de réparations, vote: 1°) 3 journées de prestations en nature, 2°)une imposition de trois centimes additionnels ( Encore!!!!!) Fait et délibéré.

                                 Une délibération qui fait réponse à celle de 1836 concernant la réunion des communes de HOUVILLE et HEUQUEVILLE : Cette fois encore les personnes les plus imposées de la communes sont invitées à participer au débat, en plus des membres du conseil, Messieurs HUBERT Julien, DELAMOTTE fils, HACET (?), et JUGENOT dit CHEVALIER;  Le plan des deux communes a été regardé ainsi que le procès verbal fait par le Juge de Paix des ANDELYS. L'Assemblée considérant que la commune d'HEUQUEVILLE est divisée en 5 sections éloignées les unes des autres, ce qui rend l'administration difficile, que si l'on y ajoute HOUVILLE l'administration en deviendrait encore plus compliquée sans produire pour cela aucun avantage aux deux communes, et ne ferait que produire des rivalités et des jalousies entre elles, le Conseil est d'avis qu'elles restent en l'état où elles se trouvent.

                                  Monsieur HUBERT un des plus imposés est d'avis, lui,  que la réunion soit faite, motivant son opinion que beaucoup d'habitants d'HEUQUEVILLE ayant des terres sur celles d'HOUVILLE cette réunion ferait disparaître les entraves qu'ils rencontrent pour le pâturage de leurs terres. 

                                  1840 - Très peu de choses à dire, des travaux à l'église pour la somme de 70 fr seront nécessaires, un nouvel instituteur arrivera dans la commune, Monsieur POURCHEL. 

                                       1841 Il est fait état dans nos documents que cette année là le Roi LOUIS PHILIPPE édictera une loi régissant le travail des enfants ,  oui mais elle ne concernait que le travail dans les manufactures, les ateliers, je vous laisse imaginer les abus, très souvent cette loi n'était pas observée. J'ai eu en mains des documents qui traitaient du travail des enfants au 19 éme siècle, notamment à la Corderie Valois, pas loin de chez nous, ou dans d'importantes  verreries. Dans ces ateliers les petits enfants étaient exposés au danger journellement, sans aucune protection, et bien souvent maltraités, beaucoup d'accident très graves se produisaient. Si la curiosité vous pousse à lire cette loi vous constaterez quand même une avancée: les enfants qui travaillaient devaient malgré tout bénéficier en même temps de l'instruction publique, le Maire était chargé de veiller à cela en produisant un certificat le prouvant.

                                  ETAT CIVIL: Naissances 9 - Mariages 3 - Décès 8

                                  1842 - Rien de spécial, sinon un nouveau curé du nom de FROMENTEAU....    

                                           ETAT CIVIL: Naissances 5 - Mariages: 2 - Décès 10. 

                                  1843 - Le Maire a été autorisé par lettre de Monsieur le Sous Préfet du 7 mai 1843 à faire dresser des plans de la future Maison d'Ecole. La dépense s'élévera à 5900 frs. Il demande à son Conseil d'approuver le projet, et à en voter les fonds nécessaires pour faire face à cette dépense. Il s'ensuivra très rapidement une autre délibération où le Maire exposera au Conseil qu'après examen des piéces présentées il est urgent de pourvoir la commune d'une Maison d'école; il est considéré que les revenus de la commune sont insuffisants - elle est déjà obligée chaque année de s'imposer extraordinairement pour le traitement du Garde Champêtre, l'instruction primaire, l'entretien des chemins vicinaux- néanmoins le Conseil désire se conformer aux prescriptions de la loi, et déclare: Considérant que le projet paraît réunir toutes les conditions souhaitées pour une école, et que l'on y trouvera en même temps une mairie, déclare approuver le projet (5900 frs). Pour faire face, la commune sera obligée de vendre la friche SAINT LAURENT (1 hectare 39), la friche du LONDE ( 1 hectare 71); valeur des deux friches 4308 Fr 14. Pour le surplus, et comme toujours, la commune espère en la générosité de l'autorité supérieure, soit 1591 fr 86; Le Maire sera chargé de cette demande.

                                  ETAT CIVIL:  Naissances 10 - Mariages: 2 - Décès:9.

                                  1844 -Le traitement de l'instituteur est toujours de 200 frs,  Considérant tout ce qui est dit sur la future maison d'école je me demande où l'instruction primaire était dispensée, on 1823 on parlait que l'endroit menaçait ruine, que le plancher s'écroulait, et toujours en 1823 que la commune de disposait pas d'école. Il y a fort à parier que l'école avait lieu chez l'instituteur, et devait se localiser prés de la place, aujourd'hui des tilleuls, car à un certain moment le jardin de l'enseignant était au bout de ma maison. Il y avait également sur mon terrain des locaux d'habitations détruits depuis.(visibles sur un plan d'avant 1830) Dans un document il est précisé que l'instituteur percevait une indemnité de 50 fr du fait qu'il recevait les enfants chez lui. Souvent  les délibérations manquent de précisions des lieux ce qui est dommage, et rend les recherches plus compliquées.

                                   Le conseil demande l'autorisation de vendre les friches dont la commune ne tire aucun bénéfice dans l'état où elle se trouve, et d'autre part précise qu' il y a lieu de remplir les formalités pour acquérir ou construire une Maison d'école.On verra très vite que tout le monde n'est pas d'accord, car en juillet 1844 le Conseil s'est réuni en séance extraordinaire en vertu de la lettre du Sous Préfet du 26 juin. Le Maire donne lecture de la lettre, et d'une réclamation adressée à ce magistrat par plusieurs habitants du LONDE contre le projet de la vente des biens communaux sis dans ce hameau. Le Conseil après en avoir délibéré considère que la commune ne peut se procurer une Maison d'Ecole et une Mairie qu'en vendant ces friches. En admettant que la portion du LONDE appartient bien au hameau ( ce dont le Conseil doute) elle ne devra pas moins être vendue pour participer à la dépense. Considérant que la SECTION du LONDE conservera une portion de la dite friche elle pourra toujours y trouver du sable, de l'argile et des cailloux . La réclamation n'est donc pas acceptée. Une précision plusieurs membres du conseil, dont Messieurs LESAGE, DESPORTE, et DENESLE, et bien qu'ayant signé le projet soutenant la construction, déclarent se joindre à la réclamation. Signé le Maire.

                                      En octobre d'importants travaux seront prévus pour le presbytère existant toujours en mauvais état, beaucoup de choses à refaire carrelage, plafond cheminée, reconstruction d'un pilier de briques, cabinet d'aisance, etc la somme s'élèvera à 297 frs: l'accord sera donné le 17 du même mois. Je ne sais pas si ces travaux ont été exécutés, mais bientôt un autre projet important pour la commune verra le jour, la construction d'un nouveau presbytère, aujourd'hui siège de notre mairie.    

                                          ETAT CIVIL: Naissances 8 - Mariages 4 - Décès 9.

                                    - 1845 Toujours les mêmes préoccupations. La commune précise encore qu'elle entretien une école par elle même bien qu'elle ne possède toujours pas de Maison d'école dédiée à l'enseignement; pour en assurer le service les trois centimes additionnels seront de nouveau votés. Les réparations des chemins sont toujours d'actualité, et pour suppléer aux ressources communales, il sera établi pour 1846 un rôle de prestations en nature de trois jours des hommes, voitures, ou charrettes attelées de bêtes de trait, de somme et de selle, plus bien sur les centimes additionnels. En 1845 on trouve toujours le nom du SIEUR HUBERT au bas des délibération, cette fois et encore concernant le traitement du Garde Champêtre.

                                    - ETAT CIVIL: Naissances 7 - Mariages 1 - Décés 6.

                                    -1846 Changement de Maire, prestation de serment le 10/11; de Monsieur CARRIERE , et de l'Adjoint Monsieur DESPORTES  nommés en octobre.Le 31 décembre le Conseil Municipal donnera lecture d'une lettre du Sous Préfet dans laquelle il informe le Maire qu'une réclamation lui a été adressée concernant l'emplacement de la future école. Le Conseil est d'avis à l'unanimité que la Maison d'Ecole soit placée sur la friche du BORDEL,( aujourd'hui rue de la Vierge au moulin)  qu'il trouve commode pour les hameaux et pour toute la commune, qu'elle ne présente aucun danger  pour l'instituteur,  ni pour es enfants. Il rejette toutes les autres propositions ou réclamations. Signe CARRIERE Maire.

                                    ETAT CIVIL: Naissances 9 - Mariages 6 - Décès 7.

                                     1847 - Nomination d'un nouveau Garde Champêtre: Monsieur DELAPLACE.  Une nouvelle délibération accordera de nouveau des travaux de réparation à faire tant à l'église qu'au presbytère.  Egalement une autre délibération qui accordera à l'instituteur une partie de la vente des fruits communaux, et lui abandonnera le profit des arbres arrachés sur l'emplacement de la future école. Une partie des fruits seront adjuger à Monsieur CANTELOU. Ces décisions seront annoncées au SON de CAISSE.  Le produit des fruits laissé à l'instituteur représente un dédommagement considérant que depuis 6 ans il loue à ses frais un logement.

                                      PROCES VERBAL de l'adjudication pour la construction de la Maison d'école, suite aux affiches apposées les 10/12 1846 et 10/01 1847 pour la réception des soumissions. Le Conseil Municipal s'est réuni pour l'ouverture des plis, la séance était en partie publique, jusqu'au moment ou toutes les pièces des dossiers ont été examinées, la moralité des soumissionnaires vérifiée, ainsi que sa solvabilité, après quoi la séance est redevenue publique et le Maire a décacheté les soumissions des 4 artisans en lice, Mr HAYET Michel d'HEUQUEVILLE, LEROY Petit Andely, THIBERGE au Grand Andely, DESPORTES à ROMILLY SUR ANDELLE et SAMSON VATTEVILLE.La soumission la plus faible a été retenue, celle de Mr HAYET:  4974 Frs, date de fin des travaux prévue pour le  1er Août 1847, ainsi que la construction du chemin longeant la propriété communale, suivant le tracé qu'il lui sera donné (3 mètres de chaussée,  16 cm  d'épaisseur de cailloux de 3 cm de grosseur, un mètre d accotement et un talus DE 45°;  La friche sur laquelle cette maison d'école a été construite s'appelait la friche de BORDEL, aujourd'hui rue de la Vierge du Moulin. 

                                            Je ne sais pas si les délais ont été tenus, on verra la suite de l'histoire, mais ce qui est certain c'est que cette construction ne tiendra pas ses promesses car moins de 40 ans plus tard de nombreux et couteux travaux seront nécéssaires pour la maintenir debout.

                                      Pour mieux fixer l'esprit de cette époque j'introduis ci dessous une carte postale où l'on peut voir la maniére dont nos habitants devaient se vêtir, à quelques détails prés:

                                           Costumes 1830

 

                                           ETAT CIVIL: Naissances 9 - Mariages 2 - Décès .

                                     J'arrive en 1848, ce sera un nouveau billet, nul doute que de nouveaux éléments y trouveront leur place, donc à bientôt et en route pour cette deuxième république.            

                 

 

 

 

                                  

                                   

 

           

 

 

 

   

   

   

 

 

 

       

              

 

                      

 

                     

 

 

 

 

 

 

                   

  

      

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CHANGEMENT DE REGIME

 

       

 

                             13   NOVEMBRE 2015          Marseillaise

 

     

 

          Bien sur ce billet fait suite  aux Enfants trouvés d'HEUQUEVILLE.

         Je ne suis pas encore entrée dans le 19éme siècle, quelques précisions sont nécéssaires sur la transition entre l'Ancien Régime et le Nouveau Régime, la République. Cette transition n'est pas aisée, peu de détails, du moins dans nos registres paroissiaux.

          Je me sens tenue de revenir sur 1789 . Dans le registre de cette année là rien ne transparaissait des graves bouleversements qui avaient lieu  à PARIS. Pourtant au 18 éme , comme j ai déjà eu l'occasion de le relever, dans ces mêmes registres on notait parfois les grands événements du régime en place;  mort d'une Reine, d'un Roi, naissance d'un Dauphin, etc, etc, mais en juillet 1789 RIEN comme aurait dit LOUIS XVI, et pourtant......

                                                  La carmagnole

                 

     En 1789 on entendait dans les rue de PARIS la chanson ah ça ira, ça ira..  Ca ira 

 

                                                   Dansons la carmagnole

         

 

              Bien que le but de mon blog ne soit  pas de relater l'histoire  complète de ce village, j'ai quand même repris les renseignements que j'avais relevés aux A.D il y a bien longtemps maintenant, et dans des documents personnels qui m'avaient  été aimablement fournis. A cette époque déjà je m'étais tracée un chemin sur lequel je reviens aujourd'hui . Donc juste quelques précisions sur cette transition, des faits simples  mais qui donnent pourtant le ton de cet important changement.  En 1788 les délibérations du Conseil de la Commune étaient portées à la connaissance des paroissiens par le biais d'une annonce faite à "Haute et intelligible voix" lorsqu'ils sortaient de la messe dominicale,  par le Syndic de l'époque, Monsieur Denesle;

          En l'occurrence :  Le dimanche 5 Octobre  les habitants d'HEUQUEVILLE furent informés, et peut être pour la premiére fois, d'une délibération prise le 28 septembre se rapportant à la nomination des collecteurs d'impots de 1789, et la nomination de deux autres pour l'année 1790. .

         J'ai oublié de préciser que dés le 19 juillet 1788 il est décidé que les Assemblées de délibérations seraient tenues dans l'auditoire de la haute justice de cette paroisse (Heuqueville) avec l'agrément du seigneur propriétaire. Il sera commandé une petite armoire pour la somme de 12 livres prise sur la communauté ; cette armoire sera déposée dans le lieu de délibération pour la sûreté des registres, la clef sera tenue par le greffier qui pourra en faire l'ouverture en présence de l'Assemblée et du député. Fait le 19/07/1788;

         Une des premiéres délibérations en février 1788 sera de voter l'abolition de la mendicité (souvenez vous de la pauvre femme  mendiante de 1753  obligée d'accoucher dans l'étable  du Seigneur de l'époque, un remake peut être d'une autre naissance dans une étable...) Une autre se rapportait à la sépulture des non catholiques; malheureusement ces deux délibérations ont été égarées.

 

 

              1789  Beaucoup de troubles dans les villages normands, car peu éloignés de PARIS, HEUQUEVILLE était dans ce cas. Pour parer aux troubles qui s'annonçaient HEUQUEVILLE se dota d'une garde composée d'hommes de 15 (!) à 60 ans, ceux du hameau du LONDE devaient se joindre  à ceux du coeur du village pour faire front en cas de besoin. ( 28 septembre 1789)

             De nouveaux  impôts s'abattirent sur les "privilégiés",  délibération de novembre 1789,  en tête le Comte de RONCHEROLLES, pour une somme de 85 livres, pour les 6 derniers mois. Le domaine du Comte comportait, outre le château, de nombreuses dépendances,des bois, des prairies, un moulin à vent, un colombier - les droits attachés aux colombiers étaient trés importants pour le Seigneur, ce sera d ailleurs une des premiéres doléances  des paysans aprés la Révolution, des fermes, une mare (qui a provoqué , vous le verrez, des conflits entre le Comte et  les paroissiens),etc, etc. Le domaine leur était revenu en 1788,( rachat de la Seigneurie à Guillaume HALLE, Comte de ROUVILLE) mais très vite cette famille s'en trouva dépossédée à nouveau, elle le retrouvera pour un temps à la Restauration.Le Curé Monsieur JAILLARD était dans le même cas pour une somme plus modeste: 40 livres 7 soles, six deniers.

              1790  Le 28 Février HEUQUEVILLE se verra dotée d'un Maire, ce sera Monsieur LEGENDRE. On fêtera le 14 Juillet, le curé devra également prêter le serment civique au côté du Maire et de l'Assemblée Municipale. Trés vite Mr LEGENDRE, pris par d'autres tâches laissera la place à Mr LESAGE.

 

                                                    14 juillet 1790

               

                 Je vais introduire ici une partie du texte édité pour célébrer ce premier anniversaire du 14 juillet 1789. En effet les citoyens du village avaient émis un voeux en ce sens.

                Aujourd'hui, le 14 Juillet 1790, à 6h de l'après midi, en l'église paroissiale, après la Messe solennelle du matin, et après les Vêpres , les Citoyens et Citoyennes de la paroisse ont tous désiré prêter  le Serment Civique en présence de l'Etre suprême , ( ETRE SUPREME culte introduit par ROBESPIERRE) suivant la formule de l'Assemblée Nationale, à savoir:

                 -Je jure d'être fidèle à la nation, de maintenir de tout mon pouvoir la constitution du ROYAUME, décrétée par l'Assemblée Nationale et adoptée par le ROI, et en particulier de veiller à la libre circulation des subsistances, à la sûreté des personnes et à la perception des impositions, de demeurer réunis à tous les français par le lien indissoluble de la fraternité.

               (  Permettez moi de douter qu'aujourd'hui l'église serait pleine pour prêter le même serment, pourtant il serait bon de s'en souvenir, surtout en ces temps si troublés....)

              Le texte continue dans ce sens: C'est Monsieur LEGENDRE, Maire, qui a lu en premier ce serment, ensuite le Corps Municipal, et en dernier le Curé Monsieur JAILLARD. Les assistants ont tous levé la main , et ont demandé que ce serment soit enregistré dans le registre des délibérations, ceux qui savent signer le feront; les autres, une marque.

                             A cette date on ne clamait pas encore la Marseillaise à tout va, elle n'existait pas encore.......

               Cette réunion avait été proposée par Mr Legendre le 9 juillet, entre autre il demandait à toute personne ayant domestiques de ne point les occuper ce jour là afin qu'ils puissent assister à la messe. (le 14 juillet tombait cette année là un mercredi, les jours fériés n'étaient pas encore en vigueur ..) 

                Durant cette année 1790 un rôle d'imposition provisoire sera créé, il sera remis à Monsieur CHEDEVILLE.

                En 1790 il y aura un litige entre Monsieur le Comte de RONCHEROLLES et les habitants de la commune, le sujet en était la mare dite mare de Mainville. Je vais vous faire un petit raccourci de la délibération :

                 --Monsieur le Comte de RONCHEROLLES prétend être propriétaire de la place et de la mare de Mainville. Cette prétendue propriété aurait pu devenir gênante pour les habitants de la Commune. En conséquence une Assemblée a été convoquée au son de la grosse cloche. Elle décidera que la propriété serait commune aux habitants et à Mr le Comte. De cette manière aucun changement ne pourra être fait sans l'accord des deux parties, et que ni l'Un ni les Autres ne pourront y laisser oies, canards, ni mettre de poissons. Monsieur le Comte aura simplement le droit de planter des "sapains" le long du chemin jusqu'à la rue qui conduit à l'église,en ayant soin de laisser trois abreuvoirs. --

                   Je ne résiste pas au plaisir d'intégrer à ce texte la page où figurent les signatures des protagonistes de cette décision, car on y trouve entre autre, et ce n'est pas souvent, la signature de Monsieur de Roncherolles "sainieur" d'Heuqueville.

                                                                              Mare mainville 2

 

                 

 

                   1791 A HEUQUEVILLE honneur a été fait à la promulgation de la Constitution, pour cela discours, fête,feu de joie, en  voici  une estampe. Cet honneur faisait suite à une lettre du ROI, reçue en la commune, 6 livres seront prises sur les revenus de la commune pour le feu de joie et le tedeum d'action de grâce .(25/09). 

                 Une loi sera promulguée  au mois de  novembre 1791 obligeant tous les membres du clergé à pêter serment d'être fidéles à la nation, ce n'était plus un choix,mais une obligation,  faute de quoi ils seront révoqués.  Plus de la moitié des prêtres et la plupart des évêques refuseront de prêter ce serment, ce seront les prêtres réfractaires, certains paieront trés cher ce choix. Ces nouveausx prêtres, appelés les "jureurs" ne seront pas toujours bien accueillis dans les communes qui tenaient à leur  ancien curé.. (cf. Histoire du christianisme en France M. Pinsart)

                                                       Promulgation de la constitution 

                   Peu à peu l'attitude des paroissiens vis à vis du Comte de Roncherolles changeait, on continuait à lui contester la propriété de certains de ses biens,il y eût la mare,  cette fois ce fût la place devant la ferme  du chateau et de l'Eglise , et la porte de Pierre Lemaitre.. Il faudra une nouvelle fois délibérer et dire qui en était le vrai propriétaire. Les habitants affirmaient que cette place leur appartenait, Monsieur de RONCHEROLLES également; après examen des demandes il sera décidé que Monsieur de RONCHEROLLES en sera l'unique propriétaire, et ce à perpétuité,(!!!!) à charge pour lui d'entretenir les arbres nouvellement plantés (fresnes et tilleuls) , et de laisser la place libre pour la communauté d'HEUQUEVILLE. Monsieur de RONCHEROLLES sera tenu également de faire un chemin pour rejoindre  la Haulle. Il est amusant de constater que de  nos jours l'emplacement devant l'église est redevenu place communale, après avoir certainement changé plusieurs fois de propriétaires, ainsi vont les choses.

                 En cette année il sera également convenu entre le Comte et les habitants  de la pose de bornes de la manière suivante:

                 -deux en bout de la commune vers le bois de la cohüe, trois au levant d'icelle; les bornes étaient en cailloux remplies de charbon de bois et de "thuillets" (morceaux de tuiles???) d'autres bornes suivront, comme vous le constatez la physionomie du village changeait, le domaine du Comte se réduisait comme peau de chagrin, et ce n'était qu'un début.

                 Plus avant j'ai parlé de plantations d'arbres (1790) ces arbres devaient "faire de l'ombre" à certains , car en 1791  le procureur de la commune s'est trouvé obligé de se déplacer, sur dénonciation,  pour constater des délits sur les deux plantations mare et place : 2 sapins découpés, 2 cassés, et 13 autres tant coupés que cassés durant la nuit du lundi au mardi précédent.

                  D'autres arbres furent  également saccagés devant la porte de Mr Pierre LEMAITRE.Procès verbal fût dressé, le procureur s'engagea à découvrir les coupables, pour cela il demanda l'aide des paroissiens.L'histoire ne dit pas s'ils furent trouvés.

                  Au cours de la consultation des registres d état civil je déplore à nouveau de ne plus trouver ces petites choses qui rendent les récits plus vivants, aussi je m'empresse de noter les moindres "événements", et a en juger par leur rareté la naissance de jumeaux devait en être un, d'autant que cette fois c'était "le choix du Roi", voyez: le 13 février Germain LE  HEC et sa femme Marie Laposte virent arriver dans leur foyer d'abord une petite fille Marie Thérése, parrain Louis LE HEC, l'oncle, marraine (peu lisible)puis un petit garçon Germain Benjamin, parrain J.J Besnier, le cousin, marraine Marie Françoise Laposte, la tante, signé curé JAILLARD. 

                   Dans cette même année où beaucoup de changements avaient lieu, les décrets  de l'Assemblée Nationale votés les 20,22,23 novembre 1790 furent appliqués, à savoir la création de sections dans le village. L'assemblée communale décidera d'en créer 7, à savoir: A )HEUQUEVILLE - B) LE BUC - C) LA HAULLE - D) DU MOULIN -E)  AUMARE -  F) LES VALLOTS - G) de la JUSTICE . Les délimitations étaient très précises, comportaient beaucoup de détails qui évoquent encore aujourd'hui des lieux que nous connaissons,et si certains noms nous sont familiers, "LES VALLOTS" ne m'évoquent rien, peut être quelqu'un pourra t'il m'éclairer???

                   Une autre naissance en 1791,  celle de la fille du Comte de Roncherolles, Blanche Charlotte, nous la retrouverons plus tard pour un autre acte..( l' acte ci dessous est celui tel qu'il apparait dans les registres paroissiaux) Si je m'intéresse un peu plus spécialement  à cette petite fille,  et à cette famille,c'est que,non seulement c'est une trés grande famille française, avec un passé prestigieux, mais également  au hasard  de mes promenades en France, je suis allée dans le village où elle a vécu aprés son mariage, pratiquement plus de traces du chateau que son mari a fait construire peu de temps avant sa mort, chateau  aujourd'hui détruit par un incendie, incendie volontaire d'ailleurs, mais là aussi c'est une autre histoire...........

                     

            Acte b charlotte de roncherolles                     Chateau blanche de roncherolles    

                 

 

                          Un résumé sur cette famille, très ancienne, connue dés la conquête normande, en effet AIMAR de RONCHEROLLES perdit la vie en disputant à l'envahisseur normand l'embouchure de la Seine, porte de la Normandie vers 845.Un autre accompagna CHARLEMAGNE lors de son couronnement, vous le constatez pas du menu fretin!!! cela continuera durant des siècles, juste un autre exemple qui concerne plus spécialement HEUQUEVILLE, il s'agit de Pierre de RONCHEROLLES, baron et seigneur d'HEUQUEVILLE en 1577, pourquoi cette affirmation c'est que nous possédons dans les archives les lettres patentes du ROY HENRI III ( ces lettres correspondent aux décrets d 'aujourd'hui) Ces lettres reconnaissent entre autre au Seigneur  le droit d'assister  aux séances du Parlement de Normandie (auparavant échiquier); ce statut se  transmettait au premier  "Nez".( régulièrement ces lettres étaient confirmées ou renouvelées suivant les souverains en place) La famille de Roncherolles se divisa en plusieurs branches, mais comme pour les arbres de haute futaie, plusieurs branches mais même tronc, mes racines. 

                     Lettres patentes 3                          2eme page lettres patentes                           

                  

                                              

                     

                 1792-  Année difficile,  surveillance accrue de la commune, les armes devaient être déclarées, de plus 4 fusils, un tambour ,seront achetés,  pour l'information et la défense éventuelle des habitants . Pour le Comte l'année s'annonçait mal, déjà on relevait son manque d assiduité dans la commune, encore assez présent en septembre 91, ensuite absence jusqu'à Noël, puis quelques jours à Pâques....c'est que le Comte, comme tous les nobles de l'époque, devait se méfier d'une certaine "VEUVE", trés efficace et sans recours..Il souhaitait s'éloigner, il le fit, ce fût l'Angleterre.

                A partir de juillet 1792, dans les écrits de la commune, son titre de Comte passa à celui d'émigré, et le 8 de ce mois ses anciens fermiers reçurent l'ordre de - produire au "gref" de la municipalité l'état des propriétés anciennement à MONSIEUR de RONCHERTOLLES ( loi du  8 avril 1792).-

               Je pourrais continuer  ainsi de vous raconter le quotidien de la commune à cette époque, les événements parisiens inquiétaient beaucoup, la révolution avait du mal à tenir ses promesses;  les chansons reflétaient l'état d'esprit des citoyens  , et pour la premiére fois on entendit cette chanson (le 10 aout 1792)           (cliquez)  C'est en fait à cette date que la Royauté a été abolie.

                 Les registres  paroissiaux s'arrêtent en 1792, l'An premier de la république, sans annotations particuliéres sur le changement de régime;la République a été proclamée le 21 septembre 1792. Les registres d'Etat Civil dés cette date remplaceront les RP,  plus d' annecdotes qui rendaient si présents nos anciens..;(il y aura quand même un registre pour les baptêmes, mais qui n'aura rien à voir avec le conseil municipal)car je me trouve donc obligée de consulter d' autres documents pour vous faire apprécier les changements qui se font ici ou là, un exemple parmi tant d'autres:

                  -Le 25 mars 1792, devant la municipalité, Notables et autres, le Sieur Louis CHEVALIER, prêtre de la paroisse Sainte Marguerite d'Hotel, a présenté une lettre de l'Evêque d'Ereux, Thomas LINDET, l'enjoignant à prendre les fonctions de Vicaire auprès du Curé d'HEUQUEVILLE. Le Sieur CHEVALIER prêta le serment conforme aux décrets de l'Assemblée Nationale, d'être fidèle à la nation, à  la loi et au ROI, et de maintenir de tout son pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et sanctionnée par le ROI;  Ont signé ce document LESAGE, GRIEU, CHEDEVILLE.Vous pouvez le constater, le Curé n'était plus le seul maitre à bord..

                   -Le 8Avril 1792:  Quelque chose qui me semble intéressant: - Ce jourd'hui dimanche 8 avril 1792, Moy Maire  de la Municipalité de la paroisse d'HEUQUEVILLE, certifie qu'il m'a été envoyé par Messieurs les Administrateurs du Directoire du district d'ANDELY 4 exemplaires de la Constitution Française.

                     J'ai remis:   un au premier Officier, un au Second et un au Procureur de la commune, et Moy muni du quatriéme. Nous "obligons" tous quatre de remettre aux archives de la Municipalité le jour et an que dessus. Signé LESAGE -  GRIEU Officier - Nicolas  CHEDEVILLE Officier -HAREN  Procureur. 

                     Les impôts à peine établis soulévent des contestations. Un petit résumé du document en rapport avec cette contestation:                      --Le 15 avril 1792, à la maison commune d' HEUQUEVILLE s'est tenue une réunion  en présence des notables de la municipalité composant le Conseil Général de la commune. Durant cette réunion un Membre a" demandé la parole, et a dit "  s'ensuit une déclaration très explicite et circonstanciée sur le fait que le montant des impôts est surévalué, en voici quelques lignes:

                Messieurs, Nous savons tous qu'il est de notre devoir de payer exactement les impositions qui nous sont envoyées pour subvenir au besoin de l'état, aussi nous empressons nous toujours de payer exactement ce tribut. Mais lorsque nous apercevons que notre contribution est exorbitante nous est il permis de dresser nos réclamations aux autorités constituées. La Loi est faite, celle du 10 avril 1791....

                Il expose ensuite un décompte très détaillé des bases de l'imposition de la Commune En résumé l'Assemblée Communale demande très fermement que soit revue ladite taxation mise en place, et décide qu'une  lettre sera adressée dans ce sens aux dites autorités. Ce sera fait le 27 mai, ce courrier précise que la commune ne dispose ni  de biens ni de revenus des industries qui lui permettraient de régler cette somme de 1040 l. et qu'il est demandé de réduire la somme à celle de l'année précédente. L'espoir était en route, peut être aurai je une réponse à vous fournir au fil de mes recherches. Document où figurent les noms des signataires, un échantillon des habitants de la commune en quelque sorte...

                          Signature delib taxe        

 

                 Durant cette année 1792, sur délibération, se poursuivra la vérification des biens des uns et des autres. Après visite faite il sera constaté qu'il n'y avait aucun objet de luxe dans cette paroisse, sinon chez Monsieur de Roncherolles: 3 chevaux, un chariot, deux charrettes, mais qui sont occupés continuellement aux charriages et "voiturer" ce qui est nécessaire pour bâtir une maison, réparer  les bâtiments de la ferme du Buc, et précision supplémentaire, le matériel servira à labourer les piéces de terres de Monsieur de Roncherolles. Il sera également dressé une liste des objets ornementaux de l'église et vêtements sacerdotaux .

               L'entête de cette délibération était particulière: Aujourd'hui 13 septembre,  l'an 4 de la liberté et le premier de "légalité", et en application de la loi etc, etc......... Pour ma part c'est la seule fois que je reléve cette formulation, intention personnelle?? J'ai oublié de préciser que c'est en 1792 que l'on entendit jouer la MARSEILLAISE, je pense inutile de vous remettre l'air en mémoire..

                          Durant cette année 17 naissances un enfant mâle  mort né.

            En novembre 1792 le curé était toujours présent dans la commune, et avait une nouvelle obligation, celle de publier les décisions de l'Assemblée communale. 

                       -1793 la vente des biens de l'émigré Roncherolle se mettait en place, on commença par des lots de Briques (il y avait, semble t'il un four à briques dans la propriété) de grandes quantités furent vendues par lots et achetées pour la plupart par des représentants de l'assemblée municipale Février 1793........) les bourrées servant au feu du four, ainsi que des tables, paillassons, etc, suivirent quelques jours après achétés par Monsieur LEHEC.Les photocopies des délibérations ci dessous ne sont là que pour imager mon propos, certes elles ne sont pas trés lisibles, mais ni le papier ni l'encre du 18éme siécle ne permettent une meilleur présentation. 

          Briques                                 Briques 2

 

 

 

 

La période 89/93 est assez pauvre dans les RP, et encore une fois ai -je essayé de remplir les blancs par des événements, peut être pas  très passionnants, mais qui ont au moins le mérite de nous en apprendre un peu  sur cette commune .  Nous nous acheminons vers un nouveau changement de régime..

                A la fin du billet: Maintenant le 18éme siècle j'ai présenté le Ier acte dressé par l'administrateur du district d'ANDElY ;Il est toutefois bon de rappeler qu'en décembre 1792 les registres paroissiaux avaient été réquisitionnés par le Conseil Municipal qui s'était "transporté" chez le curé Monsieur JAILLARD; Le Conseil en avait dressé la liste avec le début en 1603 , et le dernier  en 1792. Ce conseil avait considéré que les registres trouvés chez le Curé étaient parfaitement tenus, de ce fait Monsieur JAILLARD fût déchargé entièrement de" toutes recherches qui pourraient être faites contre lui à ce sujet ". Les dits registres furent emportés par les membres du Conseil et déposés aux archives de notre communauté, suivant la loi en cours.

                A la suite de cette réquisition de nouveaux registres furent créés, cette fois non plus appelés paroissiaux, mais registre d'Etat Civil. Je vous livre le résumé du premier présenté lors du précédent billet:

                 10 février  1793 -   Le présent registre contenant 6 feuillets de papier timbré a été coté au premier et dernier paragraphe par Nous, le citoyen Alphonse LAINE, administrateur du Directoire du district d'ANDELY pour servir à l'enregistrement des actes de naissances qui seront rédigés par l'Officier public de la municipalité d'HEUQUEVILLE dans l'arrondissement de ce district conformément à la loi de septembre 1792, fait en double à ANDELY le 26/12/1792, l'an premier de la République Française. Signé Alphonse LAINE                                                                      

                 Ce tout premier acte concernait la naissance de Germain DENESLE, né l'an 2 de la République, le 10 FEVRIER, pére Germain DENESLE, tailleur d'habit; un temoin DENESLE, laboureur, et la sage femme ont présenté l'enfant dans la salle publique de la maison commune d'HEUQUEVILLE à Nicolas Michel JUGENOT, membre du Conseil Général de la Commune, Officier publique, élu le le 8/12/1792  pour dresser les dits actes, qui a certifié conforme à la vérité l'dentité des  Susnommés.  Signé l'Officier - acte dressé et enregistré.

                 (pour les décés le changement consistait dans le déplacement de l'Officier public au domicile du défunt pour constater de visu le décés)

                  Autant les registres paroissiaux antérieurs étaient simples et concis autant ceux du nouveau régime furent ampoulés, quelques lignes pour les premiers 2 à 3 pages pour les seconds.Peut être la volonté était elle de marquer l'importance du changement?

                   Je remarque aussi que disparaissent les mentions parrain et marraine. En cette année aucune indication concernant l'assassinat du ROI et de la REINE par décapitation; c'était pourtant la premiére fois que l'on décapitait un Roi en France ( si on exclut HENRI IV , décapité il est vrai après sa mort lors du saccage des tombeaux royaux en 1793.....) Disparaissent  aussi les signatures des nobles familles de la commune sur les actes de naissance; il faut dire qu'ils avaient jugé  plus prudent d'aller respirer un air plus sain hors des frontiéres, durant cette période trés tourmentée il vallait mieux pour eux de faire profil bas...

                   Au début de 1793, l'An 2 de la république le nom des mois n'avaient pas encore été changé dans tout le pays. Ce n'est qu'en 1793 que Gilbert ROMME  fût chargé de mettre en place le calendrier révolurionnaire, il ne jouit pas longtemps de son succés, dans la tourmente de cette époque où tout le monde dénonçait tout le monde, on l'arrêta, le condamna à mort, il parvint à se suicider juste avant de monter à l'échafaud, ses derniers mots: Je meurs pour la République...c'était un savant,  mathématicien, il décida d'entrer en politique, mal lui en a pris! Il admirait les grands philosophes, le siécle des Lumiéres, et détestait l'hypocrise de l'Eglise.

 

                   Gilbert romme                                    Calendrier republicain         

       On employa le calendrier républicain à partir du 15 vendémiaire, (6 octobre) mais il débute en fait le 22 septembre 1792, date de la            proclamation de la république.

              Dans  les registres d'Etat Civil quelques indications se rapportant aux adresses des intéressés , Rue Boille, on le verra en 1794)où bien prés de l'église, on devant l'église, mais bien peu il est vrai. Peu à peu se dessinait la nouvelle physionomie du village, les chemins s'amélioraient, la brique dans la construction des maisons s"imposait peu à peu,( venaient elles du four à brique dont il est question plus haut??, si oui où était il??) mais il faudra attendre encore pour que le village prenne le visage que nous lui connaissons... 

              La population se montait à 381 habitants, elle croit jusqu'en 1810, 457 habitants, puis baisse régulièrement.A partir de 1793 registre distincts pour naissances,mariages, dècés. 

               Les biens cu ci-devant Comte de Roncherolles continuaient à être passés à la loupe, ainsi un état des lieux a été dressé le 14 janvier 1793,  au moulin à vent, dit aujourd'hui de la Vierge, sur la demande du citoyen Jean Digard "farinier" de la paroisse d'Heuqueville, en voici un résumé:    

                - La "visite" des meubles qui doivent "tenir de nature au dit moulin". L'Assemblée s'est présentée avec une procuration de Charles de Roncherolles. Nous avons trouvé:  - une pince de fer - une masse de fer - un marteau - 2 clefs à écrou pour serrer les coins,un-------(illisible). Nous n'avons pas trouvé le "siseau" ni la vieille aile,  ni une penture à pivot qui tenait la charnière de la porte du moulin du coté nord(?).

                 De plus il y a deux carreaux de cassés à la chambre et un à la maison;  état des réparations à faire au moulin. Signé CHEDEVILLE - GRIEU greffier - DUVAL procureur - Jacques ----- officier

                    L'histoire ne dit pas si les réparations étaient prévues au compte de Mr de Roncherolles...Ce moulin dont il ne restera bientôt plus grand chose était constitué à l'époque non seulement de la tour du moulin, mais également d'un petit logement composé d'une cuisine, une chartrie(??) borné par le chemin, une chambre un cellier et une écurie derriére des murs en bauge et couvert de chaume .. Cela devait être bien charmant à voir, imaginez le lorsque vous passerez par là...

                  La loi sur le recrutement était effective en 1793, certains citoyens de la commune s'y refusaient, notamment un dénommé Zacharie Aubé, de même il était demandé aux habitants de la commune, comme en 1792, de déclarer les armes; le jardinier du château   du ci-devant Comte de Roncherolles, émigré, fût un moment en délicatesse avec cet impératif. En effet il niait posséder un fusil, et, selon la formule consacrée, l'Assemblée s'est transportée dans sa chambre où elle a trouvé 2 livres de plomb, moins un quart, plus de la poudre dans une poire, malgré cela il nous a soutenu ne pas avoir de fusil... (La suite de l'histoire n'est pas connue..)

                   Une obligation certainement fort désagréable pour les habitants d'Heuqueville en 1793:  Au regard d'une loi (sur les subsistances) il  était demandé à chacun de déclarer le nombre de gerbes de blé en leur possession, cette obligation se poursuivra avec encore plus de sévérité en 1794, vous en jugerez plus loin. En 1793 fini également nos registres uniques pour les Mariages, Naissances, Baptêmes inscrits au fur et à mesure des événements; Avec la nouvelle administration, plus précise et rigoureuse il est vrai, un registre selon qu'il s'agisse de mariages, naissances, décés. un plus même, et d'importance,  DIVORCE,  La loi sur le divorce promulguée dés 1792, modifiée en 1793 et 1794 n'a été vraiment effective qu'à partir  de ces dates.(( le seul registre à HEUQUEVILLE sur les dicorces date de l'an 7 de la république)  Le fait de tripler les registres s'est révélé coûteux pour les communes..Nous arrivons en 1794;

 

               1794 -Toujours et encore des décisions difficiles pour les habitants de la commune, c'est du moins ce qu'aujourd'hui nous penserions, mais n'oublions pas qu'une décision est toujours prise en rapport avec son contexte historique,et qu'elle répond à un besoin de l'époque considérée, sinon comment pourrions nous comprendre  ce qui suit:    "Le 24 frimaire, An II de la République, il a été décidé qu'une visite serait faite chez  tous les propriétaires habitant cette paroisse , en exécution d'un arrêté du 11 frimaire qui enjoint aux municipalités de donner un état nominatif des personnes qui doivent porter au marché d'ANDELY leurs denrées comme:  Oeufs, beurre, volailles, légumes fruits. Cette visite sera faite par des commissaires nommés à cet effet.Le citoyen Maire accompagné de Jean Legros est nommé pour faire la visite du Londe, Monsieur Chedeville pour HEUQUEVILLE. Un état sera dressé et apporté à la chambre commune. --Je ne pense pas que cette perspective réjouirait nos élus aujourd'hui -- Une précision, le produit de ces réquisitions était remisé dans les greniers nationnaux.

                      Beaucoup de réquisitions, un exemple, les cordonniers, il y en avait un dans la commune, ils avaient obligation de fabriquer des souliers pour les soldats, et ce durant trois mois.le glanage qui permettait d'améliorer l'ordinaire était sevérement réglementé. En fait la révolution si porteuse d'espoir n'avait pas d'effet sur le menu peuple. De plus la récolte de l'année précédente avait été très "timide", beaucoup de sécheresse, et 1794 n'apportera que peu d'amélioration à cause cette fois de nombreux orages destructeurs des récoltes en devenir. Fort heureusement la pomme de terre fait son apparition dans nos communes, difficilement il est  vrai puisqu'il faudra une loi, (loi du 25 Nivôse an II) pour imposer la culture de ce tubercule qui peu à peu remédiera à la pénurie de blé, et par voie de conséquence limitera les émeutes.

                      En 1794 le petit peuple est mécontent du sort qui est fait aux prêtres de leur village, plus d'offices, où très peu, même chose pour les sacrements, cela passait mal; également la vente des biens des émigrés, Comte de RONCHEROLLES, pour HEUQUEVILLE, a surtout profité aux gros fermiers, et aux petits notables des Assemblée( vente des briques....) de plus les biens des églises étaient vendus, sans aucun avantage pour  ce petit peuple .

                 Encrier carricatural

                        Cette grande misére, la déception des paysans (neuf dixiéme de la population française) l'interdiction de la vaine patûre, fait naître une grande rancoeur, les révoltes couvaient, et c'est en partie pour cela que dans la commune on essayait à tout prix de réquisitionner les armes comme on l'a vu plus haut. Les RP avaient perdu tout intérêt, sauf peut être qu'un enfant né vivant de Guillaume Denesle est mort I/2 heure aprés, et qu'en conséquence il n'a pu être présenté à la maison commune, de ce fait on ne lui donnera pas de prénom  .... En 1794 le garde champêtre étai Mr LE HEC Jean Pierre; comme vous pouvez le constater peu de choses à relever sur la vie de tous les jours dans notre commune.

                     - 1795 Cette année verra la disparition du Curé Pierre Nicolas JAILLARD qui a officié durant de longues années dans la commune d'HEUQUEVILLE;  Un extrait: Le trentiéme jour du mois de germinal, an III de la Rép, le décés de Pierre Nicolas JAILLARD, cy devant curé d'HEUQUEVILLE, mort la veille. Il avait 76 ans. Décés signalé par son frére Louis François JAILLARD bourgeois, 80 ans,  et par Madame Marie DUVAL, couturiére. Il est décédé dans la SECTION de Heuqueville, etc, etc.. son inhumation s'est faite sans fioritures, sans la présence d'autres pr

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