CHANGEMENT DE REGIME

 

       

 

                             13   NOVEMBRE 2015          Marseillaise

 

     

 

          Bien sur ce billet fait suite  aux Enfants trouvés d'HEUQUEVILLE.

         Je ne suis pas encore entrée dans le 19éme siècle, quelques précisions sont nécéssaires sur la transition entre l'Ancien Régime et le Nouveau Régime, la République. Cette transition n'est pas aisée, peu de détails, du moins dans nos registres paroissiaux.

          Je me sens tenue de revenir sur 1789 . Dans le registre de cette année là rien ne transparaissait des graves bouleversements qui avaient lieu  à PARIS. Pourtant au 18 éme , comme j ai déjà eu l'occasion de le relever, dans ces mêmes registres on notait parfois les grands événements du régime en place;  mort d'une Reine, d'un Roi, naissance d'un Dauphin, etc, etc, mais en juillet 1789 RIEN comme aurait dit LOUIS XVI, et pourtant......

                                                  La carmagnole

                 

     En 1789 on entendait dans les rue de PARIS la chanson ah ça ira, ça ira..  Ca ira 

 

                                                   Dansons la carmagnole

         

 

              Bien que le but de mon blog ne soit  pas de relater l'histoire  complète de ce village, j'ai quand même repris les renseignements que j'avais relevés aux A.D il y a bien longtemps maintenant, et dans des documents personnels qui m'avaient  été aimablement fournis. A cette époque déjà je m'étais tracée un chemin sur lequel je reviens aujourd'hui . Donc juste quelques précisions sur cette transition, des faits simples  mais qui donnent pourtant le ton de cet important changement.  En 1788 les délibérations du Conseil de la Commune étaient portées à la connaissance des paroissiens par le biais d'une annonce faite à "Haute et intelligible voix" lorsqu'ils sortaient de la messe dominicale,  par le Syndic de l'époque, Monsieur Denesle;

          En l'occurrence :  Le dimanche 5 Octobre  les habitants d'HEUQUEVILLE furent informés, et peut être pour la premiére fois, d'une délibération prise le 28 septembre se rapportant à la nomination des collecteurs d'impots de 1789, et la nomination de deux autres pour l'année 1790. .

         J'ai oublié de préciser que dés le 19 juillet 1788 il est décidé que les Assemblées de délibérations seraient tenues dans l'auditoire de la haute justice de cette paroisse (Heuqueville) avec l'agrément du seigneur propriétaire. Il sera commandé une petite armoire pour la somme de 12 livres prise sur la communauté ; cette armoire sera déposée dans le lieu de délibération pour la sûreté des registres, la clef sera tenue par le greffier qui pourra en faire l'ouverture en présence de l'Assemblée et du député. Fait le 19/07/1788;

         Une des premiéres délibérations en février 1788 sera de voter l'abolition de la mendicité (souvenez vous de la pauvre femme  mendiante de 1753  obligée d'accoucher dans l'étable  du Seigneur de l'époque, un remake peut être d'une autre naissance dans une étable...) Une autre se rapportait à la sépulture des non catholiques; malheureusement ces deux délibérations ont été égarées.

 

 

              1789  Beaucoup de troubles dans les villages normands, car peu éloignés de PARIS, HEUQUEVILLE était dans ce cas. Pour parer aux troubles qui s'annonçaient HEUQUEVILLE se dota d'une garde composée d'hommes de 15 (!) à 60 ans, ceux du hameau du LONDE devaient se joindre  à ceux du coeur du village pour faire front en cas de besoin. ( 28 septembre 1789)

             De nouveaux  impôts s'abattirent sur les "privilégiés",  délibération de novembre 1789,  en tête le Comte de RONCHEROLLES, pour une somme de 85 livres, pour les 6 derniers mois. Le domaine du Comte comportait, outre le château, de nombreuses dépendances,des bois, des prairies, un moulin à vent, un colombier - les droits attachés aux colombiers étaient trés importants pour le Seigneur, ce sera d ailleurs une des premiéres doléances  des paysans aprés la Révolution, des fermes, une mare (qui a provoqué , vous le verrez, des conflits entre le Comte et  les paroissiens),etc, etc. Le domaine leur était revenu en 1788,( rachat de la Seigneurie à Guillaume HALLE, Comte de ROUVILLE) mais très vite cette famille s'en trouva dépossédée à nouveau, elle le retrouvera pour un temps à la Restauration.Le Curé Monsieur JAILLARD était dans le même cas pour une somme plus modeste: 40 livres 7 soles, six deniers.

              1790  Le 28 Février HEUQUEVILLE se verra dotée d'un Maire, ce sera Monsieur LEGENDRE. On fêtera le 14 Juillet, le curé devra également prêter le serment civique au côté du Maire et de l'Assemblée Municipale. Trés vite Mr LEGENDRE, pris par d'autres tâches laissera la place à Mr LESAGE.

 

                                                    14 juillet 1790

               

                 Je vais introduire ici une partie du texte édité pour célébrer ce premier anniversaire du 14 juillet 1789. En effet les citoyens du village avaient émis un voeux en ce sens.

                Aujourd'hui, le 14 Juillet 1790, à 6h de l'après midi, en l'église paroissiale, après la Messe solennelle du matin, et après les Vêpres , les Citoyens et Citoyennes de la paroisse ont tous désiré prêter  le Serment Civique en présence de l'Etre suprême , ( ETRE SUPREME culte introduit par ROBESPIERRE) suivant la formule de l'Assemblée Nationale, à savoir:

                 -Je jure d'être fidèle à la nation, de maintenir de tout mon pouvoir la constitution du ROYAUME, décrétée par l'Assemblée Nationale et adoptée par le ROI, et en particulier de veiller à la libre circulation des subsistances, à la sûreté des personnes et à la perception des impositions, de demeurer réunis à tous les français par le lien indissoluble de la fraternité.

               (  Permettez moi de douter qu'aujourd'hui l'église serait pleine pour prêter le même serment, pourtant il serait bon de s'en souvenir, surtout en ces temps si troublés....)

              Le texte continue dans ce sens: C'est Monsieur LEGENDRE, Maire, qui a lu en premier ce serment, ensuite le Corps Municipal, et en dernier le Curé Monsieur JAILLARD. Les assistants ont tous levé la main , et ont demandé que ce serment soit enregistré dans le registre des délibérations, ceux qui savent signer le feront; les autres, une marque.

                             A cette date on ne clamait pas encore la Marseillaise à tout va, elle n'existait pas encore.......

               Cette réunion avait été proposée par Mr Legendre le 9 juillet, entre autre il demandait à toute personne ayant domestiques de ne point les occuper ce jour là afin qu'ils puissent assister à la messe. (le 14 juillet tombait cette année là un mercredi, les jours fériés n'étaient pas encore en vigueur ..) 

                Durant cette année 1790 un rôle d'imposition provisoire sera créé, il sera remis à Monsieur CHEDEVILLE.

                En 1790 il y aura un litige entre Monsieur le Comte de RONCHEROLLES et les habitants de la commune, le sujet en était la mare dite mare de Mainville. Je vais vous faire un petit raccourci de la délibération :

                 --Monsieur le Comte de RONCHEROLLES prétend être propriétaire de la place et de la mare de Mainville. Cette prétendue propriété aurait pu devenir gênante pour les habitants de la Commune. En conséquence une Assemblée a été convoquée au son de la grosse cloche. Elle décidera que la propriété serait commune aux habitants et à Mr le Comte. De cette manière aucun changement ne pourra être fait sans l'accord des deux parties, et que ni l'Un ni les Autres ne pourront y laisser oies, canards, ni mettre de poissons. Monsieur le Comte aura simplement le droit de planter des "sapains" le long du chemin jusqu'à la rue qui conduit à l'église,en ayant soin de laisser trois abreuvoirs. --

                   Je ne résiste pas au plaisir d'intégrer à ce texte la page où figurent les signatures des protagonistes de cette décision, car on y trouve entre autre, et ce n'est pas souvent, la signature de Monsieur de Roncherolles "sainieur" d'Heuqueville.

                                                                              Mare mainville 2

 

                 

 

                   1791 A HEUQUEVILLE honneur a été fait à la promulgation de la Constitution, pour cela discours, fête,feu de joie, en  voici  une estampe. Cet honneur faisait suite à une lettre du ROI, reçue en la commune, 6 livres seront prises sur les revenus de la commune pour le feu de joie et le tedeum d'action de grâce .(25/09). 

                 Une loi sera promulguée  au mois de  novembre 1791 obligeant tous les membres du clergé à pêter serment d'être fidéles à la nation, ce n'était plus un choix,mais une obligation,  faute de quoi ils seront révoqués.  Plus de la moitié des prêtres et la plupart des évêques refuseront de prêter ce serment, ce seront les prêtres réfractaires, certains paieront trés cher ce choix. Ces nouveausx prêtres, appelés les "jureurs" ne seront pas toujours bien accueillis dans les communes qui tenaient à leur  ancien curé.. (cf. Histoire du christianisme en France M. Pinsart)

                                                       Promulgation de la constitution 

                   Peu à peu l'attitude des paroissiens vis à vis du Comte de Roncherolles changeait, on continuait à lui contester la propriété de certains de ses biens,il y eût la mare,  cette fois ce fût la place devant la ferme  du chateau et de l'Eglise , et la porte de Pierre Lemaitre.. Il faudra une nouvelle fois délibérer et dire qui en était le vrai propriétaire. Les habitants affirmaient que cette place leur appartenait, Monsieur de RONCHEROLLES également; après examen des demandes il sera décidé que Monsieur de RONCHEROLLES en sera l'unique propriétaire, et ce à perpétuité,(!!!!) à charge pour lui d'entretenir les arbres nouvellement plantés (fresnes et tilleuls) , et de laisser la place libre pour la communauté d'HEUQUEVILLE. Monsieur de RONCHEROLLES sera tenu également de faire un chemin pour rejoindre  la Haulle. Il est amusant de constater que de  nos jours l'emplacement devant l'église est redevenu place communale, après avoir certainement changé plusieurs fois de propriétaires, ainsi vont les choses.

                 En cette année il sera également convenu entre le Comte et les habitants  de la pose de bornes de la manière suivante:

                 -deux en bout de la commune vers le bois de la cohüe, trois au levant d'icelle; les bornes étaient en cailloux remplies de charbon de bois et de "thuillets" (morceaux de tuiles???) d'autres bornes suivront, comme vous le constatez la physionomie du village changeait, le domaine du Comte se réduisait comme peau de chagrin, et ce n'était qu'un début.

                 Plus avant j'ai parlé de plantations d'arbres (1790) ces arbres devaient "faire de l'ombre" à certains , car en 1791  le procureur de la commune s'est trouvé obligé de se déplacer, sur dénonciation,  pour constater des délits sur les deux plantations mare et place : 2 sapins découpés, 2 cassés, et 13 autres tant coupés que cassés durant la nuit du lundi au mardi précédent.

                  D'autres arbres furent  également saccagés devant la porte de Mr Pierre LEMAITRE.Procès verbal fût dressé, le procureur s'engagea à découvrir les coupables, pour cela il demanda l'aide des paroissiens.L'histoire ne dit pas s'ils furent trouvés.

                  Au cours de la consultation des registres d état civil je déplore à nouveau de ne plus trouver ces petites choses qui rendent les récits plus vivants, aussi je m'empresse de noter les moindres "événements", et a en juger par leur rareté la naissance de jumeaux devait en être un, d'autant que cette fois c'était "le choix du Roi", voyez: le 13 février Germain LE  HEC et sa femme Marie Laposte virent arriver dans leur foyer d'abord une petite fille Marie Thérése, parrain Louis LE HEC, l'oncle, marraine (peu lisible)puis un petit garçon Germain Benjamin, parrain J.J Besnier, le cousin, marraine Marie Françoise Laposte, la tante, signé curé JAILLARD. 

                   Dans cette même année où beaucoup de changements avaient lieu, les décrets  de l'Assemblée Nationale votés les 20,22,23 novembre 1790 furent appliqués, à savoir la création de sections dans le village. L'assemblée communale décidera d'en créer 7, à savoir: A )HEUQUEVILLE - B) LE BUC - C) LA HAULLE - D) DU MOULIN -E)  AUMARE -  F) LES VALLOTS - G) de la JUSTICE . Les délimitations étaient très précises, comportaient beaucoup de détails qui évoquent encore aujourd'hui des lieux que nous connaissons,et si certains noms nous sont familiers, "LES VALLOTS" ne m'évoquent rien, peut être quelqu'un pourra t'il m'éclairer???

                   Une autre naissance en 1791,  celle de la fille du Comte de Roncherolles, Blanche Charlotte, nous la retrouverons plus tard pour un autre acte..( l' acte ci dessous est celui tel qu'il apparait dans les registres paroissiaux) Si je m'intéresse un peu plus spécialement  à cette petite fille,  et à cette famille,c'est que,non seulement c'est une trés grande famille française, avec un passé prestigieux, mais également  au hasard  de mes promenades en France, je suis allée dans le village où elle a vécu aprés son mariage, pratiquement plus de traces du chateau que son mari a fait construire peu de temps avant sa mort, chateau  aujourd'hui détruit par un incendie, incendie volontaire d'ailleurs, mais là aussi c'est une autre histoire...........

                     

            Acte b charlotte de roncherolles                     Chateau blanche de roncherolles    

                 

 

                          Un résumé sur cette famille, très ancienne, connue dés la conquête normande, en effet AIMAR de RONCHEROLLES perdit la vie en disputant à l'envahisseur normand l'embouchure de la Seine, porte de la Normandie vers 845.Un autre accompagna CHARLEMAGNE lors de son couronnement, vous le constatez pas du menu fretin!!! cela continuera durant des siècles, juste un autre exemple qui concerne plus spécialement HEUQUEVILLE, il s'agit de Pierre de RONCHEROLLES, baron et seigneur d'HEUQUEVILLE en 1577, pourquoi cette affirmation c'est que nous possédons dans les archives les lettres patentes du ROY HENRI III ( ces lettres correspondent aux décrets d 'aujourd'hui) Ces lettres reconnaissent entre autre au Seigneur  le droit d'assister  aux séances du Parlement de Normandie (auparavant échiquier); ce statut se  transmettait au premier  "Nez".( régulièrement ces lettres étaient confirmées ou renouvelées suivant les souverains en place) La famille de Roncherolles se divisa en plusieurs branches, mais comme pour les arbres de haute futaie, plusieurs branches mais même tronc, mes racines. 

                     Lettres patentes 3                          2eme page lettres patentes                           

                  

                                              

                     

                 1792-  Année difficile,  surveillance accrue de la commune, les armes devaient être déclarées, de plus 4 fusils, un tambour ,seront achetés,  pour l'information et la défense éventuelle des habitants . Pour le Comte l'année s'annonçait mal, déjà on relevait son manque d assiduité dans la commune, encore assez présent en septembre 91, ensuite absence jusqu'à Noël, puis quelques jours à Pâques....c'est que le Comte, comme tous les nobles de l'époque, devait se méfier d'une certaine "VEUVE", trés efficace et sans recours..Il souhaitait s'éloigner, il le fit, ce fût l'Angleterre.

                A partir de juillet 1792, dans les écrits de la commune, son titre de Comte passa à celui d'émigré, et le 8 de ce mois ses anciens fermiers reçurent l'ordre de - produire au "gref" de la municipalité l'état des propriétés anciennement à MONSIEUR de RONCHERTOLLES ( loi du  8 avril 1792).-

               Je pourrais continuer  ainsi de vous raconter le quotidien de la commune à cette époque, les événements parisiens inquiétaient beaucoup, la révolution avait du mal à tenir ses promesses;  les chansons reflétaient l'état d'esprit des citoyens  , et pour la premiére fois on entendit cette chanson (le 10 aout 1792)           (cliquez)  C'est en fait à cette date que la Royauté a été abolie.

                 Les registres  paroissiaux s'arrêtent en 1792, l'An premier de la république, sans annotations particuliéres sur le changement de régime;la République a été proclamée le 21 septembre 1792. Les registres d'Etat Civil dés cette date remplaceront les RP,  plus d' annecdotes qui rendaient si présents nos anciens..;(il y aura quand même un registre pour les baptêmes, mais qui n'aura rien à voir avec le conseil municipal)car je me trouve donc obligée de consulter d' autres documents pour vous faire apprécier les changements qui se font ici ou là, un exemple parmi tant d'autres:

                  -Le 25 mars 1792, devant la municipalité, Notables et autres, le Sieur Louis CHEVALIER, prêtre de la paroisse Sainte Marguerite d'Hotel, a présenté une lettre de l'Evêque d'Ereux, Thomas LINDET, l'enjoignant à prendre les fonctions de Vicaire auprès du Curé d'HEUQUEVILLE. Le Sieur CHEVALIER prêta le serment conforme aux décrets de l'Assemblée Nationale, d'être fidèle à la nation, à  la loi et au ROI, et de maintenir de tout son pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée Nationale et sanctionnée par le ROI;  Ont signé ce document LESAGE, GRIEU, CHEDEVILLE.Vous pouvez le constater, le Curé n'était plus le seul maitre à bord..

                   -Le 8Avril 1792:  Quelque chose qui me semble intéressant: - Ce jourd'hui dimanche 8 avril 1792, Moy Maire  de la Municipalité de la paroisse d'HEUQUEVILLE, certifie qu'il m'a été envoyé par Messieurs les Administrateurs du Directoire du district d'ANDELY 4 exemplaires de la Constitution Française.

                     J'ai remis:   un au premier Officier, un au Second et un au Procureur de la commune, et Moy muni du quatriéme. Nous "obligons" tous quatre de remettre aux archives de la Municipalité le jour et an que dessus. Signé LESAGE -  GRIEU Officier - Nicolas  CHEDEVILLE Officier -HAREN  Procureur. 

                     Les impôts à peine établis soulévent des contestations. Un petit résumé du document en rapport avec cette contestation:                      --Le 15 avril 1792, à la maison commune d' HEUQUEVILLE s'est tenue une réunion  en présence des notables de la municipalité composant le Conseil Général de la commune. Durant cette réunion un Membre a" demandé la parole, et a dit "  s'ensuit une déclaration très explicite et circonstanciée sur le fait que le montant des impôts est surévalué, en voici quelques lignes:

                Messieurs, Nous savons tous qu'il est de notre devoir de payer exactement les impositions qui nous sont envoyées pour subvenir au besoin de l'état, aussi nous empressons nous toujours de payer exactement ce tribut. Mais lorsque nous apercevons que notre contribution est exorbitante nous est il permis de dresser nos réclamations aux autorités constituées. La Loi est faite, celle du 10 avril 1791....

                Il expose ensuite un décompte très détaillé des bases de l'imposition de la Commune En résumé l'Assemblée Communale demande très fermement que soit revue ladite taxation mise en place, et décide qu'une  lettre sera adressée dans ce sens aux dites autorités. Ce sera fait le 27 mai, ce courrier précise que la commune ne dispose ni  de biens ni de revenus des industries qui lui permettraient de régler cette somme de 1040 l. et qu'il est demandé de réduire la somme à celle de l'année précédente. L'espoir était en route, peut être aurai je une réponse à vous fournir au fil de mes recherches. Document où figurent les noms des signataires, un échantillon des habitants de la commune en quelque sorte...

                          Signature delib taxe        

 

                 Durant cette année 1792, sur délibération, se poursuivra la vérification des biens des uns et des autres. Après visite faite il sera constaté qu'il n'y avait aucun objet de luxe dans cette paroisse, sinon chez Monsieur de Roncherolles: 3 chevaux, un chariot, deux charrettes, mais qui sont occupés continuellement aux charriages et "voiturer" ce qui est nécessaire pour bâtir une maison, réparer  les bâtiments de la ferme du Buc, et précision supplémentaire, le matériel servira à labourer les piéces de terres de Monsieur de Roncherolles. Il sera également dressé une liste des objets ornementaux de l'église et vêtements sacerdotaux .

               L'entête de cette délibération était particulière: Aujourd'hui 13 septembre,  l'an 4 de la liberté et le premier de "légalité", et en application de la loi etc, etc......... Pour ma part c'est la seule fois que je reléve cette formulation, intention personnelle?? J'ai oublié de préciser que c'est en 1792 que l'on entendit jouer la MARSEILLAISE, je pense inutile de vous remettre l'air en mémoire..

                          Durant cette année 17 naissances un enfant mâle  mort né.

            En novembre 1792 le curé était toujours présent dans la commune, et avait une nouvelle obligation, celle de publier les décisions de l'Assemblée communale. 

                       -1793 la vente des biens de l'émigré Roncherolle se mettait en place, on commença par des lots de Briques (il y avait, semble t'il un four à briques dans la propriété) de grandes quantités furent vendues par lots et achetées pour la plupart par des représentants de l'assemblée municipale Février 1793........) les bourrées servant au feu du four, ainsi que des tables, paillassons, etc, suivirent quelques jours après achétés par Monsieur LEHEC.Les photocopies des délibérations ci dessous ne sont là que pour imager mon propos, certes elles ne sont pas trés lisibles, mais ni le papier ni l'encre du 18éme siécle ne permettent une meilleur présentation. 

          Briques                                 Briques 2

 

 

 

 

La période 89/93 est assez pauvre dans les RP, et encore une fois ai -je essayé de remplir les blancs par des événements, peut être pas  très passionnants, mais qui ont au moins le mérite de nous en apprendre un peu  sur cette commune .  Nous nous acheminons vers un nouveau changement de régime..

                A la fin du billet: Maintenant le 18éme siècle j'ai présenté le Ier acte dressé par l'administrateur du district d'ANDElY ;Il est toutefois bon de rappeler qu'en décembre 1792 les registres paroissiaux avaient été réquisitionnés par le Conseil Municipal qui s'était "transporté" chez le curé Monsieur JAILLARD; Le Conseil en avait dressé la liste avec le début en 1603 , et le dernier  en 1792. Ce conseil avait considéré que les registres trouvés chez le Curé étaient parfaitement tenus, de ce fait Monsieur JAILLARD fût déchargé entièrement de" toutes recherches qui pourraient être faites contre lui à ce sujet ". Les dits registres furent emportés par les membres du Conseil et déposés aux archives de notre communauté, suivant la loi en cours.

                A la suite de cette réquisition de nouveaux registres furent créés, cette fois non plus appelés paroissiaux, mais registre d'Etat Civil. Je vous livre le résumé du premier présenté lors du précédent billet:

                 10 février  1793 -   Le présent registre contenant 6 feuillets de papier timbré a été coté au premier et dernier paragraphe par Nous, le citoyen Alphonse LAINE, administrateur du Directoire du district d'ANDELY pour servir à l'enregistrement des actes de naissances qui seront rédigés par l'Officier public de la municipalité d'HEUQUEVILLE dans l'arrondissement de ce district conformément à la loi de septembre 1792, fait en double à ANDELY le 26/12/1792, l'an premier de la République Française. Signé Alphonse LAINE                                                                      

                 Ce tout premier acte concernait la naissance de Germain DENESLE, né l'an 2 de la République, le 10 FEVRIER, pére Germain DENESLE, tailleur d'habit; un temoin DENESLE, laboureur, et la sage femme ont présenté l'enfant dans la salle publique de la maison commune d'HEUQUEVILLE à Nicolas Michel JUGENOT, membre du Conseil Général de la Commune, Officier publique, élu le le 8/12/1792  pour dresser les dits actes, qui a certifié conforme à la vérité l'dentité des  Susnommés.  Signé l'Officier - acte dressé et enregistré.

                 (pour les décés le changement consistait dans le déplacement de l'Officier public au domicile du défunt pour constater de visu le décés)

                  Autant les registres paroissiaux antérieurs étaient simples et concis autant ceux du nouveau régime furent ampoulés, quelques lignes pour les premiers 2 à 3 pages pour les seconds.Peut être la volonté était elle de marquer l'importance du changement?

                   Je remarque aussi que disparaissent les mentions parrain et marraine. En cette année aucune indication concernant l'assassinat du ROI et de la REINE par décapitation; c'était pourtant la premiére fois que l'on décapitait un Roi en France ( si on exclut HENRI IV , décapité il est vrai après sa mort lors du saccage des tombeaux royaux en 1793.....) Disparaissent  aussi les signatures des nobles familles de la commune sur les actes de naissance; il faut dire qu'ils avaient jugé  plus prudent d'aller respirer un air plus sain hors des frontiéres, durant cette période trés tourmentée il vallait mieux pour eux de faire profil bas...

                   Au début de 1793, l'An 2 de la république le nom des mois n'avaient pas encore été changé dans tout le pays. Ce n'est qu'en 1793 que Gilbert ROMME  fût chargé de mettre en place le calendrier révolurionnaire, il ne jouit pas longtemps de son succés, dans la tourmente de cette époque où tout le monde dénonçait tout le monde, on l'arrêta, le condamna à mort, il parvint à se suicider juste avant de monter à l'échafaud, ses derniers mots: Je meurs pour la République...c'était un savant,  mathématicien, il décida d'entrer en politique, mal lui en a pris! Il admirait les grands philosophes, le siécle des Lumiéres, et détestait l'hypocrise de l'Eglise.

 

                   Gilbert romme                                    Calendrier republicain         

       On employa le calendrier républicain à partir du 15 vendémiaire, (6 octobre) mais il débute en fait le 22 septembre 1792, date de la            proclamation de la république.

              Dans  les registres d'Etat Civil quelques indications se rapportant aux adresses des intéressés , Rue Boille, on le verra en 1794)où bien prés de l'église, on devant l'église, mais bien peu il est vrai. Peu à peu se dessinait la nouvelle physionomie du village, les chemins s'amélioraient, la brique dans la construction des maisons s"imposait peu à peu,( venaient elles du four à brique dont il est question plus haut??, si oui où était il??) mais il faudra attendre encore pour que le village prenne le visage que nous lui connaissons... 

              La population se montait à 381 habitants, elle croit jusqu'en 1810, 457 habitants, puis baisse régulièrement.A partir de 1793 registre distincts pour naissances,mariages, dècés. 

               Les biens cu ci-devant Comte de Roncherolles continuaient à être passés à la loupe, ainsi un état des lieux a été dressé le 14 janvier 1793,  au moulin à vent, dit aujourd'hui de la Vierge, sur la demande du citoyen Jean Digard "farinier" de la paroisse d'Heuqueville, en voici un résumé:    

                - La "visite" des meubles qui doivent "tenir de nature au dit moulin". L'Assemblée s'est présentée avec une procuration de Charles de Roncherolles. Nous avons trouvé:  - une pince de fer - une masse de fer - un marteau - 2 clefs à écrou pour serrer les coins,un-------(illisible). Nous n'avons pas trouvé le "siseau" ni la vieille aile,  ni une penture à pivot qui tenait la charnière de la porte du moulin du coté nord(?).

                 De plus il y a deux carreaux de cassés à la chambre et un à la maison;  état des réparations à faire au moulin. Signé CHEDEVILLE - GRIEU greffier - DUVAL procureur - Jacques ----- officier

                    L'histoire ne dit pas si les réparations étaient prévues au compte de Mr de Roncherolles...Ce moulin dont il ne restera bientôt plus grand chose était constitué à l'époque non seulement de la tour du moulin, mais également d'un petit logement composé d'une cuisine, une chartrie(??) borné par le chemin, une chambre un cellier et une écurie derriére des murs en bauge et couvert de chaume .. Cela devait être bien charmant à voir, imaginez le lorsque vous passerez par là...

                  La loi sur le recrutement était effective en 1793, certains citoyens de la commune s'y refusaient, notamment un dénommé Zacharie Aubé, de même il était demandé aux habitants de la commune, comme en 1792, de déclarer les armes; le jardinier du château   du ci-devant Comte de Roncherolles, émigré, fût un moment en délicatesse avec cet impératif. En effet il niait posséder un fusil, et, selon la formule consacrée, l'Assemblée s'est transportée dans sa chambre où elle a trouvé 2 livres de plomb, moins un quart, plus de la poudre dans une poire, malgré cela il nous a soutenu ne pas avoir de fusil... (La suite de l'histoire n'est pas connue..)

                   Une obligation certainement fort désagréable pour les habitants d'Heuqueville en 1793:  Au regard d'une loi (sur les subsistances) il  était demandé à chacun de déclarer le nombre de gerbes de blé en leur possession, cette obligation se poursuivra avec encore plus de sévérité en 1794, vous en jugerez plus loin. En 1793 fini également nos registres uniques pour les Mariages, Naissances, Baptêmes inscrits au fur et à mesure des événements; Avec la nouvelle administration, plus précise et rigoureuse il est vrai, un registre selon qu'il s'agisse de mariages, naissances, décés. un plus même, et d'importance,  DIVORCE,  La loi sur le divorce promulguée dés 1792, modifiée en 1793 et 1794 n'a été vraiment effective qu'à partir  de ces dates.(( le seul registre à HEUQUEVILLE sur les dicorces date de l'an 7 de la république)  Le fait de tripler les registres s'est révélé coûteux pour les communes..Nous arrivons en 1794;

 

               1794 -Toujours et encore des décisions difficiles pour les habitants de la commune, c'est du moins ce qu'aujourd'hui nous penserions, mais n'oublions pas qu'une décision est toujours prise en rapport avec son contexte historique,et qu'elle répond à un besoin de l'époque considérée, sinon comment pourrions nous comprendre  ce qui suit:    "Le 24 frimaire, An II de la République, il a été décidé qu'une visite serait faite chez  tous les propriétaires habitant cette paroisse , en exécution d'un arrêté du 11 frimaire qui enjoint aux municipalités de donner un état nominatif des personnes qui doivent porter au marché d'ANDELY leurs denrées comme:  Oeufs, beurre, volailles, légumes fruits. Cette visite sera faite par des commissaires nommés à cet effet.Le citoyen Maire accompagné de Jean Legros est nommé pour faire la visite du Londe, Monsieur Chedeville pour HEUQUEVILLE. Un état sera dressé et apporté à la chambre commune. --Je ne pense pas que cette perspective réjouirait nos élus aujourd'hui -- Une précision, le produit de ces réquisitions était remisé dans les greniers nationnaux.

                      Beaucoup de réquisitions, un exemple, les cordonniers, il y en avait un dans la commune, ils avaient obligation de fabriquer des souliers pour les soldats, et ce durant trois mois.le glanage qui permettait d'améliorer l'ordinaire était sevérement réglementé. En fait la révolution si porteuse d'espoir n'avait pas d'effet sur le menu peuple. De plus la récolte de l'année précédente avait été très "timide", beaucoup de sécheresse, et 1794 n'apportera que peu d'amélioration à cause cette fois de nombreux orages destructeurs des récoltes en devenir. Fort heureusement la pomme de terre fait son apparition dans nos communes, difficilement il est  vrai puisqu'il faudra une loi, (loi du 25 Nivôse an II) pour imposer la culture de ce tubercule qui peu à peu remédiera à la pénurie de blé, et par voie de conséquence limitera les émeutes.

                      En 1794 le petit peuple est mécontent du sort qui est fait aux prêtres de leur village, plus d'offices, où très peu, même chose pour les sacrements, cela passait mal; également la vente des biens des émigrés, Comte de RONCHEROLLES, pour HEUQUEVILLE, a surtout profité aux gros fermiers, et aux petits notables des Assemblée( vente des briques....) de plus les biens des églises étaient vendus, sans aucun avantage pour  ce petit peuple .

                 Encrier carricatural

                        Cette grande misére, la déception des paysans (neuf dixiéme de la population française) l'interdiction de la vaine patûre, fait naître une grande rancoeur, les révoltes couvaient, et c'est en partie pour cela que dans la commune on essayait à tout prix de réquisitionner les armes comme on l'a vu plus haut. Les RP avaient perdu tout intérêt, sauf peut être qu'un enfant né vivant de Guillaume Denesle est mort I/2 heure aprés, et qu'en conséquence il n'a pu être présenté à la maison commune, de ce fait on ne lui donnera pas de prénom  .... En 1794 le garde champêtre étai Mr LE HEC Jean Pierre; comme vous pouvez le constater peu de choses à relever sur la vie de tous les jours dans notre commune.

                     - 1795 Cette année verra la disparition du Curé Pierre Nicolas JAILLARD qui a officié durant de longues années dans la commune d'HEUQUEVILLE;  Un extrait: Le trentiéme jour du mois de germinal, an III de la Rép, le décés de Pierre Nicolas JAILLARD, cy devant curé d'HEUQUEVILLE, mort la veille. Il avait 76 ans. Décés signalé par son frére Louis François JAILLARD bourgeois, 80 ans,  et par Madame Marie DUVAL, couturiére. Il est décédé dans la SECTION de Heuqueville, etc, etc.. son inhumation s'est faite sans fioritures, sans la présence d'autres pr

suite du billet

 

  Bien que la souveraineté du peuple ait été proclamée l'exercice des droits civiques était réservé aux citoyens qui payaient une contribution directe, foncière, ou personnelle, autant dire que le petit peuple était muselé...

               Dans le registre des délibérations à la page de 1795 j'ai retrouvé un petit billet amusant émanant de la commune de TILLY dans lequel le Maire et les Officiers Municipaux de cette commune réclament à leurs homologues d'HEUQUEVILLE de leur remettre un petit pot de cuivre "qu'ils ont sequestré" au moulin d'HEUQUEVILLE, lequel appartient au moulin de TILLY comme étant bien national....  Fait le 16 ventôse 1794 ou 1795. (petit réglement de compte????)

                               Moulin tilly      

 

              Dans ces  années, que l'on a appelé la Terreur Blanche, on guerroyait un peu partout en France et par conséquent il y avait un impérieux besoin de poudre pour les armes, cette précision pour mieux comprendre les textes dans nos archives; en voici un: au  canton d'ANDELY siégeait une commission des salpêtres chargée de surveiller la récupération des cendres si nécessaires à la fabrication du salpêtre pour la fabrication de la poudre à canon ( à cette époque la guerre civile de Vendée était vorace en hommes et en poudre).

               Le salpêtre était obtenu par lessivage des cendres, et pour cela il fallait un endroit pour effectuer ce travail, l'atelier du salpêtrier qui était tenu, et là je retrouve mon fil rouge,  par la famille Montier perdue de vue depuis quelques temps.

               Le 5 brumaire an III Monsieur Montier porta plainte auprés de l'Assemblée Municipale, je vais résumer ce document car il est lui aussi peu lisible:

                Le 5 brumaire s'est présenté à la chambre commune le" Citoyen Jean Louis Montier SALPETRIER de la commune d'HEUQUEVILLE sur quoi a présenté une pétition à nous adressée dans la date du 5 de ce mois pour lequel il nous expose que l'endroit où il fait ses lessivages qu'il s'aperçoit que l'on fait des "fractions" et vols des objets enfermés dans plusieurs apartemens. ;.  sur quoi il demande que visite soit faittes des fractions faitte aux dits appartemens; De suittes, nous maire et officiers municipaux  nous sommes transportés sur le dit lieu où nous avons aperçu plusieurs carreaux de cassés vis à vis des espagnolettes.

               D'aprés les déclarations du citoyen Accard et du citoyen Montier qui nous ont déclaré qu'il se sont aperçus qu'il y avait plusieurs objets volés, comme un sommier de crain, des bouteilles, des verres fins, des verres à boire, des saliéres, et autres objets, et sur leur déclaration nous avons fait refermer les portes et avons dressé le présent procés verbal.

               Fait et arrêté le 5 brumaire, l'an 3 de la République une et indivisible.

                          LESAGE, Maire, J.GRIEU officier, GRIEU Secrétaire Greffier

  Texte dans son jus....   sur le même sujet, le salpêtre, une autre délibération du 14 brumaire dans laquelle il est expréssement demandé de faire porter les eaux salpêtrées qui sont actuellement dans l'atelier du ci devant château, et ce dans le courant de la décade et de prévenir le salpêtrier.     -Ce qui m'intrigue dans cette délibération c'est l'emplacement du dit atelier?? Je n'ai pas d'autres informations aujourd'hui sur le sujet, je me demande qui habitait le château à l'époque, les limites étaient différentes , la ferme du château faisait partie de l'ensemble, aujourd'hui elle en est séparée..Dans un document au A.D de 'Eure qui retraçait le morcellement des biens de l'émigré RONCHEROLLES, j'avais relevé que:     - Le bien appelé "la ferme d HEUQUEVILLE"  provenant de l'émigré RONCHEROLLES, lequel bien est affermé en totalité au citoyen Nicolas Chrystosome LEGENDRE, cultivateur et notaire PUBLIC en ladite commune d'HEUQUEVILLE, bail à lui fait par le citoyen Guillaume HALLE (de Rouville) en 1787 (vieux style...) bail qu'il nous a exhibé , au prix annuel de 4100 Livres, trois journées de charrois par an, et fourniture de la boisson aux ouvriers qui travaillerons aux réparations des bâtiments pendant le cour du bail. Il est précisé également dans ce document que les Officiers municipaux ont jugé à propos de réunir au lot de la ferme la maison qu'occupait l'émigré RONCHEROLLES, le château la cour, le parterre et le jardin, enfin tous les bâtiments dedans la cour, le château et tous les bâtiments en circonstances et dépendances du corps de la ferme -       suit le découpage de la propriété, ce document est fort intéressant, mais trop long à insérer ici......... 

   -  mais revenons à la production de salpêtre dans notre commune par notre Jean Louis Montier;     Pour obtenir les cendres salpêtrées on récupérait et on brûlait tout ce qui était possible de l'être, les feuilles des arbres, les genêts, les débris des filassiers, les tiges de haricots et de pommes de terre, les genévriers, les bruyères, on veillait également à conserver les lessives... On réquisitionnait bien sur également les chevaux, les charrettes pour transporter le bois nécessaire à l'extraction du salpêtre. Tout cela faisait que les paysans ne pouvaient pas accorder beaucoup de temps à leurs récoltes, et c'est ainsi que dans beaucoup de délibérations de cette époque il était très souvent, trop souvent question de réquisitionner le blé produit (.Ces réquisitions se produisaient  également dans des villages environnants )On sentait vraiment une grande misère dans la commune et il semble évident que les sacrifices reposaient principalement sur les épaules du petit peuple, les très récents petits notables et gros fermiers s'en tiraient déjà mieux à cette époque, et c'est probablement parmi toutes ces misères qu'il faudra trouver les raisons de la chute du Directoire. Mais comme toujours sous tous les régimes il y avait des petits malins, tout du moins ils croyaient l'être, voyez le texte d'une délibération du 24 brumaire, je vais l'intituler:

              PEINE D INTERET GENERAL

              Le 24 brumaire an III de la République, Nous officiers et Agent National de la commune d'HEUQUEVILLE, en vertu d'un arrêté du district d'ANDELY sous la date du 13 de ce mois,  Requerrons le citoyen Guillaume DE NESLE de loger et nourrir le citoyen MONNIER , garde national de la commune d'ANDELY provisoirement jusqu'à son départ pour n'avoir pas obéi à la réquisition a lui faites pour n'avoir pas apporté le reçu de la Halle pour "conter" pour connaitre ceux qui sont en retard, et en outre requerrons de fournir et porter demain 25 du présent mois à la Halle d'ANDELY deux quintaux de bled ou "Saigle".  Signé CHEDEVILLE - GRIEU -, et DUVAL Agent National.

            Peine interet general

              

  On ne plaisantait pas avec le réglement....mais, les femmes de l'époque ne disaient pas forcément oui, voyez ce document qui fait suite:

                   

            

                  Suite peine d interet

 

 

 

               L'année 1795 est connue comme une des plus difficiles de cette époque, beaucoup de bouleversements dans la vie de tous les jours, de craintes à se déplacer à cause des brigandages, l'on était dans ce que nous appelons aujourd'hui  l'ETAT D URGENCE, et qui dit état d'urgence dit " Vos papiers...". Le passeport intérieur, pour la disparition duquel les citoyens avaient bataillé en 1789, (il était en effet un frein à la liberté de se déplacer, donc à travailler,) le passeport donc reprenait du galon. En 1792 j'avais bien remarquer une délibération à ce sujet, sans y accorder trop d'importance, on y apprenait  d'abord que Messieurs JUGENOT, DENESLE, LESAGE, LEMAIN, FIQUET, pierre Gilles LE HEC, Crespin LEHEC, HAREN, MONTIER, tous d'HEUQUEVILLE et J.B HESNOI de ROUEN, Jacques DUVIC(?) d'ANDELY avaient vu un passeport intérieur leur être attribué  à chacun pour être autorisé à se déplacer. 

               le même jour le 20 novembre 1792 les citoyens LESAGE, CHEDEVILLE, GRIEU et DUVAL, procureur de la commune et en l'assistance du Secrétaire Greffier , certifions avoir délivré un passeport au nommé Pierre CAHAGNE, GRENADIER su 13éme bataillon de ligne, ci devant 3éme bataillon, pour aller rejoindre son Régiment à MAISSE -( METZ)- en Lorraine le 2 décembre 1792, signé CHEDEVILLE, LESAGE, GRIEU. et DUVAL .

                Pierre CAHAGNE était un habitant d' HEUQUEVILLE

                Sans ce précieux sésame pour se déplacer on prenait vraiment de gros risques, entre autre celui d'être arrêté pour vagabondage, ce qui n'était pas une plaisanterie à cette époque.

                      Passeport

   

                 Quelques petites notes sur ce passeport intérieur:  En 1724 il était déjà obligatoire pour les vagabonds; de 1765 à la Révolution les artisans ne pouvaient pas sortir du Royaume sans ce document, ce pour protéger les secrets des fabrications françaises( tissage, porcelaine.souvenez vous de nos grandes Manufactures) Le passeport de 1792 était donc obligatoire à l'intérieur du Royaume, mais à partir de 1795 également obligatoire pour sortir du Canton... De plus il fallait que les détenteurs aient prêté le serment civique, et le fasse viser dés leur arrivée à destination.  Peut être allez vous regarder d'un autre oeil ce petit document aujourd'hui... 

                  On trouve également de ce fait des certificats de résidence  dans nos archives, un exemple: Les membres du Conseil Général d'HEUQUEVILLE on été tenu d'en dresser un à l'égard du citoyen Pierre Christosome LESAGE, ci devant Curé d'HOUVILLE. Les membres du conseil certifient qu'il réside bien à HEUQUEVILLE depuis sa sortie de la commune d'HOUVILLE, et ce constamment depuis 6 mois dans la maison de ... illisible jusqu'à ce jour. Pour authentifier ce certificat une description trés détaillée du ci devant curé était annexée au document:   -35 ans ,cinq pieds sept pouces, cheveux et sourcils chatains, yeux gris, nez long, bouche moyenne, menton rond, front haut, visage long, pas moyen avec une description aussi détaillée de s'évader incognito pour porter la bonne parole Comme vous pouvez le constater les libertés sous ce régime étaient très restreintes.

                Nous arrivons à 1799, le 18brumaire, date que nous connaissons tous, le Directoire tombera dans le discrédit à cause de crises politiques, financiéres, brigandages qui terrorisaient le peuple. Je reprendrai mes recherches dans les archives depuis le Consulat, je ne sais pas ce que je trouverai concernant  la vie de notre commune sous ce régime ce sera mon prochain billet.

                 En ce qui concerne les registres d'état civil il n'y a vraiment pas beaucoup de choses à relever pour cette époque, la vie de tous les jours, sans plus, à bientôt donc.

                  J'avais commencé ce billet bien tristement un certain 13novembre, je le termine aujourd'hui,  22 Mars, à mon grand regret avec cet hommage:        

                                             La brabanconne

         Droits d auteur 2                          

 
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