quelques personnalités de ma région

Un soldat sorti de l'oubli

           Un soldat sorti de l'oubli

Dans ce nouveau billet il ne sera pas vraiment question d'Heuqueville, mais d'une personne qui n'y  vécu que très peu de temps, comme le petit Baron, objet de mon précédent billet, qui comme lui eût une histoire brève et triste, lui aussi mort jeune, avec également beaucoup d'inconnu sur le personnage.

M'y voici donc:    Une fois de plus, ce soit disant défaut, la curiosité m'a conduite lors d'une visite au cimetière, vers une tombe bien cachée sous un buis qui prenait ses aises,  et dissimulait une belle croix de fonte ternie par le temps et l'oubli.A y regarder de plus près je découvris,posée contre la croix une petite vitrine en bien mauvais état; elle contenait outre une émouvante photo d'un jeune soldat au regard profond, coiffé du légendaire képi blanc, des médailles que je ne sus lire, sauf la croix de guerre ,  deux dates laconiques 1926 - 1957 et un nom Antoun RITTER.

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Cette tombe était manifestement abandonnée, vouée à l'oubli et à l'indifférence de tous . Les médailles quant à elles exposées à la convoitise de visiteurs indélicats, heureusement le gros buis cachait tout cela.

Je suis ressortie de cet endroit avec un sentiment de tristesse, mais, malgré tout ma curiosité était "piquée ". A l'occasion d'une autre visite dans ces lieux, en compagnie cette fois de Madame F.Poulain, Achitecte des Batiments de France je lui signalai cette tombe; elle s'étonna devant la non protecton des médailles et me conseilla d'essayer de faire quelque chose pour les metre à l'abri.  Je décidais dans un premier temps de me renseigner sur ce soldat mort si jeune, trop jeune. Qui était il, d'où venait il?? Je relaterai un peu plus loin ce que j'ai pu apprendre sur lui et son court passage à Heuqueville, aujourd'hui encore quelques personnes se souviennent de lui.

En tout état de cause si j'ignore qui était ce soldat, ce que je peux comprendre par contre c'est qu'en son temps il a servi son pays, certainement avec courage, en témoignent ses médailles, la Croix de guerre, avec citation,  entre autre.

    Croix de guerre                                                                     La Croix de Guerre 

Cette distinction a été créée pour récompenser une conduite exemplaire et courageuse durant la Grande Guerre ( 1914-1918); souvent elle était remise sur les lieux mêmes des combats.

Maurice Barrés proposera un projet, ce sera Emile Driant qui le défendra devant l'Assemblée Nationale, il suggère un nom pour cette médaille, un nom bref qui sonne et qui claque, ce sera  " Croix de Guerre"  . Elle sera sculptée par P.Albert Bartholomé.La loi sera votée le 2 avril 1915, l'article figurera dans le journal l'Illustration du 1er mai 1915. Outre aux valeureux soldats,la Croix de guerre sera attribuée aux villes martyres, ou ayant résisté courageusement à l'envahisseur.

Concernant cette tombe, j'ai appelé l'attention  des personnes en charge du cimetiére sur la nécéssité, à mes yeux ,de mettre ces médailles à l'abri, au moins dans un premier temps, le temps de quelques recherches. Le temps passa, rien ne se produisit, la vitrine continuait à se dégrader sous les intempéries, et en cette année de commémoration du début de la "Grande Guerre" ne nous demande t'on pas d'unir et d'honnorer tous les soldats de quelque nationalité qu'ils soient?

En désespoir de cause je me suis adressée à l'organisme qui oeuvre pour que perdure le souvenir de ces hommes à qui nous devons tant: Le souvenir Français, en la personne de Monsieur Gaillard. Trés aimablement ce Monsieur m'a proposé que nous nous rencontriions devant cette tombe; rendez vous fût pris, rendez vous auquel j'ai convié Monsieur JP Delacour, j'avais en effet abordé ce sujet avec lui, à titre personnel, afin de voir ce qui pouvait être fait. L'écho fût positif, et la machine lancée. Monsieur Delacour , adjoint au maire, s'engagea immédiatement sur le fait que d'une manière ou d'une autre cette tombe retrouverait le respect qui lui était dû.

Par la suite j'ai rencontré Monsieur  le commandant  Georges Van Ryssel bien connu de tous , intéressé par la nature de la demande il fit les démarches nécéssaires concernant ce soldat auprès des autorités militaires  concernées. Il en ressortit que si sa carrière militaire fût courte, elle n'en fût pas moins courageuse, on ne donne pas la croix de guerre à n'importe qui, il faut la mériter; De plus bien que né dans un autre pays il a fait un choix, la France, d'où le respect qu'on lui doit.

Le résultat de tout cela c'est qu'enfin les médailles de ce soldat sont protégées, et la tombe en voie de réhabilitation par les soins de Monsieur  Delacour. Que ceux qui ont permis que cette réhabilitation  se mette en place soient remerciés.

Passons maintenant à l'histoire, du moins pour ce que nous en savons, de ce jeune soldat.

     Medaille indochine

                                                             Médaille commémorative d'Indochine

Né en Yougoslavie en 1926 il a fait choix d'une carrière militaire dans une unité prestigieuse, la Légion Etrangère,  un choix qui l'a amené sur différents terrains de combats, je ne les connais pas tous, je ne retiendrais que l'Indochine où ce sont déroulés des combats d'un autre âge, terribles et meurtriers , marquant probablement à vie ceux qui les ont menés. Revenir et se réintégrer était peut être le  plus difficile, que d'images dans leur mémoire! Qui ne connait Dien Biem Phu de sinistre mémoire? 11000 morts plus de 4000 prisonniers ...... La médaille ci dessus présente dans la petite vitrine atteste qu'il a combattu dans ce pays.

Voici un court résumé de cette carrière, engagé le 15 janvier 1949 et rayé des contrôles le 15 janvier 1954, Antoun Ritter aura effectué 5 ans de service, dont un séjour en extrême orient; Titulaire de la médaille coloniale et d'une croix des TOE avec citation à l'ordre du régiment. A fini son contrat comme 2éme classe.

Est-ce aprés ces épreuves que cet homme revenu dans la vie civile décida de répondre à une annonce dans laquelle un fermier d'Heuqueville recherchait  un "garçon de ferme"? cherchait il le calme de la campagne après les horreurs qu'il avait vécues? toujours est il qu'il vint s'installer au Londe,  en face de la ferme de Monsieur Bernard Montier qui se souvient encore de lui.

C'était parait'il un jeune homme comme un autre, assez vif de caractère, un peu triste parfois; il aimait danser, et se rendait au bal à Heuqueville, qui d'après ce qui m'a été raconté avait lieu une fois par mois. Il appréciait aussi les fêtes de village où il rencontrait des jeunes de son âge, bref un jeune homme comme bien d'autre, du moins en apparence.

A son sujet, Monsieur Bernard Montier m'a relaté une petite anecdote que je vous livre:

Les attributions de garçon de ferme d'Antoun Ritter comportaient entre autre de mener les vaches au près, et les ramener  à l'étable. Pour les regrouper il avait une technique bien particulière, du moins dans nos régions, il se servait d'un long fouet, le sien, non pas pour fouetter les bêtes, mais pour leur signifier qu'il fallait retourner à l'étable... le simple claquement puissant et sec de cet "outil" suffisait pour que les bêtes se regroupent et prennent tranquillement le chemin du retour, étonnant n'est-ce pas??

Le temps passait.. il devait lui peser. Sa famille lui manquait elle? A t'il eu un chagrin de son âge? les images gravées dans sa mémoire de son passé militaire étaient elles trop lourdes? toujours est il qu'il a fait le choix d'un ailleurs où je lui souhaite d'avoir retrouvé ses compagnons d'armes et ceux qui lui manquaient.

Je ne sais pas qui, lors de son inhumation, a pris l'initiative de déposer ses médailles sur sa sépulture, qu'il ou qu'elle en soit remercié.

Peut être n'a t'il pas toujours été, à nos yeux, du bon coté, mais comme je l'ai dit plus haut il a su faire un choix, et ce fût la France.

Voilà tout ce que je peux dire sur cet homme, peu de choses il est vrai, mais une simple visite au cimetière et de la bonne volonté l'ont fait sortir de l'oubli..........

Voici deux photos de cette tombe, celle de gauche avait déjà subi un nécessaire toilettage....Pour la deuxiéme, absente pour le moment,un peu de patience......

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      Voici donc l'histoire du Soldat 2 

                    Après  m'être penchée sur le sort, à mon avis un peu triste, fait à la tombe de notre Légionnaire Antoun RITTER , je me dois de rendre hommage aux membres du Conseil Municipal  en place dans les années 1950. Comme chacun le sait, les guerres sont de grandes faucheuses , et bien des jeunes hommes partis pour  la "Seconde" ne sont jamais revenus. Très souvent, trop souvent leurs corps mêmes ne sont  pas revenus dans le village qui les avait vu naître. Ce fût le cas pour un tout jeune homme de 25 ans, Robert Gordien, parti au début des hostilités et tué très vite  le 3 juin 1940.

                     Longtemps, trop longtemps, sa famille fût privée d'une simple tombe pour pleurer ce jeune fils, choisi, puisque adopté.

                     Un jour, sa Maman, une habitante d'Heuqueville, a demandé au Conseil Municipal une concession pour accueillir la sépulture de son fils tombé pour défendre, lui aussi, son pays.

                      Le Conseil Municipal accepta, et plus encore le fit gracieusement. Nous étions en 1951. L'administration s'était engagée de supporter les frais engagés pour mettre à bien cette démarche, car bien sur le corps de ce jeune soldat devait être rapatrié.En attendant le versement des fonds la commune fit diligence pour avancer les sommes nécessaires à la rémunération du fossoyeur,l'installation d'une chapelle, le salaire à verser au prêtre, aux porteurs, et le timbre pour l'enregistrement de la concession.

Je pense sincèrement que la Commune s'honora en procédant de cette manière, plutôt que d'attendre encore plusieurs mois pour rendre hommage à ce jeune homme.

                       Trois ans passèrent durant lesquels des décisions furent prises, et en particulier  celle de faire ériger un monument sur la sépulture de Robert GORDIEN. Du granit rose fût choisi, la commune prit une partie du coût à sa charge, et une souscription couvrit le reste. C'est pourquoi aujourd'hui vous pouvez toujours voir ce monument à l'entrée du cimetière , orné d'une palme de l'Amicale du 128 RI ,ainsi que le signe distinctif du Souvenir Français, la cocarde tricolore, certifiant de la meilleure façon qu'il soit que ce jeune homme est mort pour la France.

Les délibérations nécessaires à l'accomplissement de ce projet ont été signées par le Maire de l'époque, Monsieur Prevost, et différents membres du conseil dont les noms nous sont encore familiers:  MM  Beaurain, Cantelou, Dubuisson, etc..

                       Puisque nous sommes dans les manifestations du souvenir des morts pour la France d'Heuqueville je me suis demandée pourquoi la date 1919 figurait sur le monument aux Morts, c'est peu fréquent. Certains d'entre vous devaient le savoir, mais moi non; j'ai donc cherché en m'adressant à des sources autorisées, ce faisant j'ai appris ceci:

                        Bien que l'armistice ait été prononcé en 1918 certains régiments continuèrent à se battre très loin de la France. particulièrement  l'AFO - Armée Française d'Orient -, régiments basés pour la plupart en Roumanie . Ils combattirent encore 5 longs mois avant d'être rembarqués d'Odessa vers leur pays d'origine. On peut les considérer comme les oubliés de la Grande Guerre; Clèmenceau les nommait avec un certain mépris "les jardiniers de Salonique". Cette partie de la guerre est très complexe, et je me risquerai pas à m'étendre davantage, mais les combats firent beaucoup de morts, et ce n'est que justice qu'à défaut de leur nom cette période figure sur les monuments concernés, d'ou 1919; 

Une précision authentifiant ces faits, dans le cimetière, prés de la si belle croix Hosannière, là où les prêtres sont généralement enterrés,se trouve la tombe de Maurice Agasse, prêtre durant 20 ans à Heuqueville,  mort en rentrant du front du désert  de Palestine, où il avait combattu. Une cocarde tricolore atteste la aussi qu'il est mort pour la France. Son nom est également gravé sur le monument aux Morts .

Je l'ai déjà dit, beaucoup de morts sur ces fronts si éloignés, presque oubliés, mais ces combats conditionnent encore aujourd'hui les évolutions politiques de cette région du monde ( voir livre de R.Porte Du Caire à Damas).

D'autres soldats morts pour la France reposent à Heuqueville, je ne les oublie pas..

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suite guynemer 2 -

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         Cherchant toujours à "nourrir" mon récit sur G.GUYNEMER, voici deux courriers le concernant, l'un (recto- verso) se rapporte à la disparition de l'Aviateur  René Dorme, disparu trés probablement en mai 1917, mais à cette époque  les communocations n'allaient pas aussi vite qu'aujourd'hui, et surtout l'espoir restait toujours présent , disparu en mission ne voulait pas toujours dire mort en mission, il était toujours possible que l'aviateur  se trouvât prisonnier quelque part, hélas ce ne fût pas le cas pour cet As des As, de l'Escadrille N3, les Cygognes,. très apprécié de tous, son surnom affectueux :Le Pére Dorme" suffit à lui même.

G.Guynemer disait delui: "Il en descend un tous les jours" cette expression suffit à elle même. La croix de Lorraine sur le fuselage de son avion a permi de penser qu'hélas il s'était abattu du coté de Reims . Voici la lettre que G.Guynemer  a écrite  au début Aout 1917 à un ami Mortane; dans ce courrier pourtant l'espoir persiste.   Ce que Georges ne savait pas c'est que le 11 septembre suivant ce serait  à son tour de disparaître  dans la stricte acceptation du mot...., 

                   Sans 1                                              Sans 1

                     

      Mainenant l'autre courrier,  il s'agit de sa " demande de   pilotage" vous en reconnaitrez l'écriture, moins tourmentée que le courrier précédent, il ne connaissait pas encore les horreurs de cette Grande Guerre .

                                                                                     Texte guynemer livre

   

   

                                                                                                         

 

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